Territoires et technologies de l’information et de communication : Quels effets sur la decision de localisation des PME du Cluster Haliopole d’AGADIR ?

et

Résumés

Les technologies de l’information et de communication (TIC) semblent abolir les distances, les délais et les dispersions associés à l’éloignement pour le bonheur de tous les acteurs y compris les entreprises. Celles-ci permettent aux territoires d’être de plus en plus compétitifs et attractifs en matière d’amélioration de l’environnement entrepreneurial. A travers leurs localisations dans les territoires dotés des TIC, les entreprises peuvent arriver à tirer avantage des externalités qu’ils offrent et des simplifications de la mobilisation des ressources situées à distance.
Le présent article analyse l’impact que pourrait avoir les territoires équipés des TIC sur la décision de localisation des entreprises. L’approche empirique développée prend appui sur une enquête récente menée en 2019 auprès d’un échantillon de 37 PME du cluster haliopole d’Agadir. Les principaux résultats montrent que le niveau des ressources du territoire d’accueil, les stratégies et politiques de développement territorial et l'orientation vers la minimisation des coûts supportée par les TIC ont un impact sur la décision de localisation des entreprises dans le territoire étudié.
Information and communication technologies (ICT) could abolish the distances, delays and dispersions associated with electrocentring for the happiness of all players, including businesses. These allow territories to be increasingly competitive and attractive in terms of improving the entrepreneurial environment. Through their locations in the territories where ICT are offered, companies can manage to take advantage of the externalities they offer and the simplifications of the mobilization of resources located at a distance.
This article analyzes the impact that territories equipped with ICTs could have on the location decision of companies. The empirical approach developed is based on a recent survey conducted in 2019 with a sample of 37 SMEs from the haliopole cluster of Agadir. The main results displayed as the level of resources in the host territory, strategies and policies for territorial development and the orientation towards minimizing the costs borne by ICTs have an impact on the decision to locate companies in the territory studied.

Texte intégral

A+ A-

INTRODUCTION

De nos jours, les technologies de l’information et de communication (TIC) s’étalent à l’ensemble des niveaux de l’action économique, sociale et culturelle des territoires. Elles se manifestent particulièrement au cœur de leur développement, en vue de renforcer la relation entre les citoyens et les institutions publiques. Désormais, l’accès au service public, à la citoyenneté et à la démocratisation constituent pour l’Etat et ses collectivités territoriales les principaux avantages de l’intégration des TIC au sein des territoires.

De surcroît, ces mutations technologiques n’ont pas réussi uniquement à rehausser la cadence de circulation de l’information, mais également à retisser les relations entre le temps et l’espace sur le territoire, et à participer à la consolidation des différentes approches des notions de distance et de proximité.

En effet, les TIC semblent abolir les distances, les délais et les dispersions associés à l’éloignement pour le bonheur de tous les acteurs y compris les entreprises. Celles-ci permettent aux territoires d’être de plus en plus compétitifs et attractifs en matière d’amélioration de l’environnement entrepreneurial. A travers leurs localisations dans les territoires technologiques, les entreprises peuvent arriver à tirer avantage des externalités qu’ils offrent et des simplifications de la mobilisation des ressources situées à distance.

Nous nous attacherons, tout au long de ce travail, à traiter l’impact que pourrait avoir les territoires dotés des TIC sur la décision de localisation des entreprises. Pour ce faire, nous allons répondre à la question de recherche suivante : Dans quelles mesures les territoires dotés des TIC impactent-ils la décision de localisation des entreprises ? Afin d’apporter des réponses à cette question, nous présenterons, dans une première partie, un état de l’art sur les concepts de territoire, de TIC et de localisation des entreprises tout en traitant les effets des territoires dotés des TIC sur la localisation entrepreneuriale. Dans une deuxième partie, nous exposerons nos choix méthodologiques et les entreprises étudiées. Enfin, dans une troisième partie, nous discuterons les résultats issus de notre terrain afin de montrer l’impact des territoires équipés de TIC sur la localisation des PME insérées dans le Cluster Haliopôle d’Agadir.

REVUE DE LITTERATURE

L’objectif de cette revue de littérature est de présenter les approches et les travaux existants se rapportant à l’étude de la recherche.

Technologies de l’information et de la communication et territoire : Quelles relations ?

Avant de traiter la relation existante entre les TIC, les acteurs locaux territoriaux et la décision de localisation des entreprises, nous jugeons judicieux de souligner l’évolution par laquelle est passée ces technologies.

Technologies de l’information et de la communication : Origines et évolution

Les TIC font référence aux différents moyens et techniques mobilisés dans la transmission et le traitement des informations, en l’occurrence l’informatique, les télécommunications et l’internet. En effet, l’apparition de l’écriture et la découverte de l’imprimerie au cours des années 1960 ont constitué le fer de lance des différentes TIC. Ainsi, les TIC font renvoie aux différents outils nécessaires à la diffusion, à la manipulation et à la circulation de l’information produite.

En effet, il convient de rappeler que l’imprimerie est la révolution de l’écrit ou celle de l’imprimé. Elle est à la fois technique et technologique, et a remanié profondément la vie quotidienne de l’individu. Toutefois, cette invention demeure un outil statique qui ne permet pas l’analyse et le classement automatiques des informations. L’imprimerie accompagne la renaissance et illustre la révolution industrielle. Celle-ci se base sur l’intensification de la production, ainsi pour développer d’une manière efficiente leur offre de bien de consommation, les entreprises se sont servies de la performance de nouveaux outils et sur de massives transformations organisationnelles et managériales. Cette révolution vient prolonger la société industrielle en crise tout en maintenant ses chances de croissance. Elle représente l’ensemble des solutions qui permettent grâce aux nouvelles technologies d’échanger des informations. Quoiqu’elle demeure une invention technicienne où l’amélioration des moyens est plus vitale que les avantages et les inconvénients qu’elle apporte. Numérique et numérisation sont devenus des mots emblématiques de la haute technologie et de la modernité. En outre, nous pouvons constater que la combinaison entre l’internet, le global positioning system (GPS) et la télécommunication ont conduit à une certaine transmission de l’image, de la voix et du texte par le biais des outils mobiles à portée de main du grand public. Ainsi, le 20e siècle témoigne de l’apparition de la miniaturisation des composants électroniques, voire, des appareils multifonctions qui sont devenus accessibles à des prix abordables, suite au chevauchement entre les télécommunications et l’informatique.  De plus, l’omniprésence des TIC dans tous les domaines et les aspects de la vie quotidienne, que ce soit privée ou publique fait d’elles des procédures dominantes dans l’organisation et la gestion des activités socio-économiques. Ces technologies comprennent trois secteurs industriels majeurs à savoir, les télécommunications, l’informatique et les équipements à haut débit. Désormais, les TIC semblent être un levier d’une importance vitale nécessaire à la croissance économique, vu qu’elles facilitent la transmission et la diffusion des informations et des données.

Par ailleurs, nous allons élucider dans ce qui suit la relation théorique existante entre les TIC et le territoire.

Technologies de l’information et de la communication et territoire : Clef de voûte pour le développement des territoires

Depuis longtemps, les acteurs territoriaux ont tenté de parfaire leurs modes de fonctionnements et de communication tant dans leurs relations vis-à-vis des citoyens-usagers que dans leurs stratégies de gestion. Dans ce sens, ils ont dû faire appel aux différentes technologies de l’information et de la communication, tout en mettant en place des services publics innovants. En effet, le but est d’adapter son management au goût du jour pour garantir la diffusion de l’information et une communication efficace aussi bien au niveau interne qu’au niveau externe, via l’usage des moyens de communications récentes. Ainsi, les travaux de Martinet et al., (1988) ont soulevés que le développement des technologies de l’information et de la communication s’appuie sur les fameuses catégories de sources humaines et informelles ainsi que sur les nouveaux outils adaptés aux évolutions.

Ainsi, la communication d’une information exige une démarche de matérialisation (Benkaraache et al., 2016). Autrement dit, la matérialisation de l’information via des dispositifs d’informations comme les documents, les images, les publications, etc, constitue un gage permettant sa pérennité, sa diffusion, sa mémorisation, sa survie et sa communication et dans le temps et dans l’espace. Pourtant, si la transcription et la mémorisation de cette information doivent se faire par le biais des outils les plus célèbres comme l’archivage, les TIC font appel à d’autres moyens de matérialisation (Benkaraache et al., 2016). A travers ces derniers, la conservation des informations devient plus commode, via l’automatisation des systèmes de récolte et de traitement d’information. De plus, l’information atteint un public plus large grâce aux réseaux qui représentent la solution aux problèmes de distance. De ce fait, l’appropriation de ces technologies par le territoire peut être perçue comme le processus par lequel les acteurs publics développent les conditions d’accès des populations, des entreprises et des autres structures dudit territoire. En effet, l’utilisation du numérique au sein des territoires donne lieu à un développement des services locaux beaucoup plus performants et offre des pistes d’optimisation budgétaire, ce qui a donné naissance à un territoire qualifié d’intelligent. Cette nouvelle ère numérique, faisant partie d’une politique de développement territorial, permet aux pouvoirs et administrations locaux de concevoir de nouvelles activités, de dynamiser le tissu économique local, de réduire les coûts d’accès à l’information à travers la mise à disposition d’un haut débit d’internet et de rendre la communication territoriale plus fluide, ce qui mènera au perfectionnement des actions communes.

En outre, les initiatives de numérisation apparaissent au sein d’un grand nombre de collectivités. On y trouve souvent des actions de dématérialisation des documents ou des procédures de marchés publics, renforcées par l’essor législatives portant sur l’open data et la dématérialisation. Toutefois, l’ambition pour les responsables territoriaux est de se doter d’une équipe numérique capable de construire une vision commune, définie autour d’enjeux partagés et bâtie sur les besoins des citoyens et des investisseurs. Cette numérisation permet aux territoires d’être plus attractifs et compétitifs concernant la simplification des procédures, l’amélioration de l’environnement des affaires ainsi que l’amélioration des conditions de vie des citoyens et la promotion de l’investissement. A cet égard, l’aménagement numérique1L’aménagement numérique du territoire peut être ...continue du territoire s’impose dont le but est d’éviter le déséquilibre, voire les fractures entre les territoires sur le plan de leur accessibilité aux TIC et de privilégier leur compétitivité dans la mondialisation.

Nous allons nous pencher dans le point suivant sur l’attractivité des territoires dotés des TIC dans la décision de localisation des entreprises.

Technologies de l’information et de la communication et décision de localisation entrepreneuriale

Au premier abord, il nous parait judicieux de traiter le concept de la décision de localisation des entreprises sous un angle théorique permettant de répondre à notre problématique traitée.

Décision de localisation des entreprises dans le territoire

Les facteurs de localisation au sein d’un territoire ont notamment été étudiés par Weber (1982) qui a mis l’accent sur la stratégie de minimisation des coûts. De plus, Porter (1998) a soulevé que les avantages proviennent de deux sources : la différenciation des produits (concurrence monopolistique, marques, publicité) et la réduction des coûts de production (innovations technologiques ou nouveaux facteurs de production).

La plupart des auteurs sur-cités convergent vers l’identification des principaux déterminants de la localisation des entreprises, pouvant attirer les investisseurs. Ainsi, pour Sergot (2004), les caractéristiques économiques des territoires d’accueil sont primordiales, et incluent le niveau de revenu réel, la taille du marché, le niveau de la veille technologique, le coût, le niveau de qualification de la main d’œuvre etc. Cependant, la théorie de localisation ne vise pas uniquement les problèmes de localisation des entreprises. La meilleure illustration est faite par la théorie des lieux centraux, qui traite la relation entre la taille, le nombre et l’emplacement des villes. Cette théorie est également appelée théorie de la localisation des services (Christaller, 1933). Cet auteur a précisé qu’un lieu central est caractérisé par les services fournis, notamment l’administration publique, les institutions culturelles, la santé, les services commerciaux et financiers, etc.

En outre, la théorie de polarisation représente également une autre voie de recherche dans les théories de la localisation. Elle se reflète dans le processus de concentration. Autrement dit, les entreprises ont tendance à localiser leurs activités dans un territoire présentant le taux de croissance et de développement économique le plus élevé. Cette théorie de polarisation se base essentiellement sur des facteurs de production qui sont hétérogènes et immobiles, l’existence des monopoles, des oligopoles, des externalités dans le marché et les informations, notamment celles sur les nouveautés techniques et organisationnelles difficilement accessibles.

Ainsi, la théorie des ressources et des compétences (Penrose, 1959) a largement expliqué cette problématique de localisation des entreprises. Elle suppose que les choix stratégiques des entreprises se fondent principalement sur leur aptitude à acquérir et à défendre des ressources pertinentes, non redéployables, rares, inimitables et non substituables. En effet, ces ressources permettent aux entreprises de se disposer d’un avantage concurrentiel influençant d’une manière cruciale leur position vis-à-vis de leurs concurrents. Ainsi, les entreprises choisissant de se localiser dans des régions géographiquement éloignées justifient leur choix par l’insuffisance des ressources locales. Les entreprises se trouvent alors dans l’obligation de choisir des emplacements éloignés pour se rapprocher des sources d’approvisionnement vue la disponibilité des matières premières ainsi que leur prix, des usines vue la disponibilité et la qualification de la main d’œuvre, des sous-traitants, et des clients.

Enfin, le travail de Berger (2006) et l’Industrial Performance Center du Massachussetts Institute of Technology réalisé auprès de 500 dirigeants d’entreprises françaises diverses, offre une bonne synthèse des différents principes déterminants une localisation dans un territoire comme les ressources construites par l’entreprise, la main d’œuvre volontaire, formée et qualifiée, les produits de qualité et variés et le niveau du progrès technologique. La conclusion de l’auteur montre que la décision de localisation ne se base pas forcement sur un modèle défini et unique, car les dirigeants choisissent selon leur vision.

Après avoir étudié le concept de la décision de localisation des entreprises, le point suivant vise à analyser l’impact que pourrait avoir les territoires dotés des TIC sur cette décision.

La localisation des entreprises dans des territoires dotés des technologies de l’information et de la communication

Les industries, les gens et les entreprises peuvent s’installer n’importe où, et leurs choix de localisation demeurent influencés par les atouts distinctifs de tel ou tel territoire. Le changement entrainé par l’essor de l’industrie de l’information porte davantage sur les règles géographiques, qui font qu’un territoire est prospère ou pas. Par ailleurs, pour une entreprise soucieuse de développer sa capacité d’innovation, il y aurait donc un privilège certain à se localiser sur les territoires bénéficiant d’un avantage comparatif localisé, dotés des ressources territoriales spécifiques. À travers sa localisation, elle peut chercher à mobiliser ce type de ressources.

Les différences persistantes entre les territoires, en matière d’innovation, ont mené les chercheurs à s’interroger sur l’accessibilité aux ressources et non plus sur la localisation de ces ressources. Cette approche, axée sur l’accessibilité aux ressources, place la question du rôle et de l’importance des TIC au cœur du débat. Si les technologies participent à simplifier la mobilisation des ressources situées à distance, leur utilisation devrait porter plus d’avantages aux entreprises localisées sur des territoires faiblement dotés en ressources. Etant donné que la proximité géographique ne rend pas les relations interentreprises forcement faciles, mais elles peuvent tout de même tirer profit d’autres formes de proximités (Aguiléra et al. 2015).

De même, Torre (2014) a prouvé que la proximité organisationnelle permet particulièrement des échanges de savoir. Toutefois, elle ne nécessite pas une localisation proche, relativisant en particulier une démarche cognitive du phénomène (Rhabra, 2019). En effet, cette proximité fait renvoie au partage des représentations, des langages, d’expériences et des codes. Ce partage qui est plus ou moins formalisé, rend la communication de toute information plus facile.

Ainsi, Massard et al.,(2010) proposent de substituer l’approche en termes d’externalités de connaissances par une approche en termes d’accessibilité aux connaissances, qui fait appel à la notion de proximité organisée, voire relationnelle. A cet égard, Veltz (1998) stipule que l’efficacité relationnelle est d’une importance cruciale pour les entreprises qui ambitionnent de parfaire leur position concurrentielle. Dans ce cas, le territoire  peut être considéré comme une véritable source d’externalités de relation.

Il est à signaler que la littérature a précisé que l’existence des TIC au cœur des stratégies  axées sur le développement des territoires lève les barrières spatiales et temporelles, et facilite leurs interactions avec les nouveaux entrants. Cette nouvelle réalité a un effet attractif sur les entreprises dans la mesure où elle affleure des synergies de compétences et des aides publiques.

De surcroît, les nouveaux outils numériques ont apporté aux plateformes publiques des solutions facilitatrices, pour que les entreprises trouvent les outils et les moyens pour se lancer (start-up). D’après ces constats, nous sommes enclins à penser que l’aménagement numérique du territoire vient au service des entreprises qui peuvent désormais disposer des outils indispensables à l’exercice efficace de leurs activités.

Ainsi, les territoires conscients de l’impact des TIC sur leur développement optent pour le soutien des projets innovants afin de faciliter l’arrivée de nouveaux entrants. Par  conséquent, les entreprises choisissent de s’orienter vers des territoires intelligents avec des systèmes d’information territorialisés et délivrant de meilleurs services publics. La mise en vigueur du lien entre le choix d’un lieu d’implantation et le niveau du TIC au sein d’un territoire représente un exercice délicat pour les entreprises. Il est important alors de s’interroger sur  la façon dont se basent ces entités pour choisir leurs localisations, notamment, celles basées sur des territoires potentiellement technologiques. Ce questionnement constitue le fondement de notre travail.

L’objectif de cette recherche est d’analyser l’impact que pourrait avoir les territoires dotés des TIC sur la décision de localisation des entreprises. Ceci étant, il nous parait judicieux d’étudier empiriquement la relation de cause à effet réunissant les différents concepts mobilisés.

METHODOLOGIE DE RECHERCHE

La méthode de recueil des données, les caractéristiques de l’échantillon, la manière dont les variables ont été mesurées et les outils statistiques utilisés pour analyser les données, sont successivement présentés.

Méthode de recueil des données

Une enquête a été réalisée du 10 Novembre au 21 Décembre 2019, par administration, par entretien direct, d’un questionnaire auprès de dirigeants de PME insérées dans le Cluster2Le cluster peut être défini comme « un groupe ...continue Haliopôle d’Agadir. Ce choix se justifie par le fait que ces entités reflètent un exemple concret d’entreprises territorialement ancrées. En d’autres termes, elles participent à l’attractivité territoriale en favorisant une meilleure visibilité nationale et internationale.

A cet effet, la réalisation d’études quantitatives par questionnaire semble particulièrement adapter quand l’objectif de la recherche consiste, comme c’est le cas ici, à repérer des relations entre un nombre d’objets ou à déterminer si ces objets possèdent certaines propriétés communes suffisamment repérables et significatives (Baumard et al., 1999).

Pour le mode d’administration du questionnaire, nous avons sollicité le bureau de mission du Cluster Haliopôle d’Agadir3Le recours à la méthode de sollicitation indirecte ...continue qui accompagne l’insertion des nouveaux adhérents, veille sur le développement des stratégies de création et de promotion de nouveaux produits à plus grande valeur ajoutée, encourage l’innovation et travaille sur le renforcement des formations professionnelles spécifiques. Il est à signaler que ce partenaire a constitué notre relais dans le cadre de l’enquête sur le terrain, en plus des appels téléphoniques et des faces-à-faces avec les dirigeants et cadres dirigeants des PME étudiées. De plus, une procédure boule de neige a été mobilisée dans le cadre de la collecte de données. A cet effet, les personnes contactées ont participé à notre étude en faisant appel à leurs connaissances.

Caractéristiques du terrain d’observation

Nous avons sollicité 48 PME, entre les 68 insérées dans ledit cluster. Il est à signaler qu’il nous a était difficile de procéder à un recensement de la population totale, compte tenu de la rareté, voire l’indisponibilité de certaines donnés.

Au final, nous avons obtenu 41 questionnaires dont 37 qui sont exploitables, faisant ainsi un taux de retour de 85.41%. Les données exploitables font 90.24%. Ainsi, les caractéristiques générales des PME de l’échantillon sont présentées dans les tableaux 1.

Eléments N %
 

 

Taille

[1 – 9] 6 16,22%
[10-49] 22 59,46%
[50-99] 8 21,62%
[100-200] 1 2,70%
 

 

 

Activité /produit

Pêche 7 18,92%
Congélation 13 35,14%
Transformation et conservation de poissons 14 37,84%
Commerce en gros 2 5,40 %
Transports  et logistique 1 2.70%
 

Age de l’entreprise

Inférieur à 5 ans 3 8,11%
Entre 5 et 10 ans 10 27.02%
Supérieure à 10 ans 24 64.87%
Total 37 100%

Tableau 1: les caractéristiques descriptives des entreprises de l’échantillon

Source : Conçu par nous-mêmes

L’échantillon est principalement constitué de petites entreprises (59,46%) et seulement une entreprise de moyennes et grandes tailles. En plus, Près de 97,3% des PME interviewées ont moins de 100 salaries. 64,87 % d’entre elles ont été créées il y a plus de 10 ans. L’échantillon est également composé à 54% d’entreprises du secteur de la pèche et a seulement de deux PME commerciales.

Mesures des variables

Pour les variables explicatives, nous avons mobilisé 9 items pour mesurer l’attractivité des territoires dotés des TIC, en l’occurrence notre variable explicative, pouvant influencer le choix d’installation des entreprises. Il y’a lieu de rappeler que l’ensemble des items est issu de notre revue de littérature, ainsi que d’une étude exploratoire menée préalablement. Ces items sont présentés dans le tableau 2.

Items Code
La mobilisation des ressources situées à distance, facilitée par les TIC ; MRD_TIC
Le niveau des ressources du territoire d’accueil ; RT_AC
La transformation du lien entre l’entreprise et le territoire, en termes de proximité ; LET_PR
La proximité organisationnelle, générée par les TIC au sein du territoire ; PRO_TIC
Le degré de proximité cognitive, influencé positivement par les TIC ; PRC_TIC
Les externalités positives générées par le territoire à travers les TIC; EP_TIC
L’attractivité des territoires, dotés des TIC, s’engageant dans des stratégies de développement territorial; AT_DT
Interactions avec les nouveaux entrants, facilitées par les stratégies de développement des territoires dotés des TIC ; NVE_TIC
L’attractivité des nouveautés numériques appliquées aux plateformes publiques sur les territoires; NVN_PP
L’aménagement numérique du territoire ; AN_Terr
L’orientation vers la minimisation des coûts, supportée par les TIC ; MC_TIC
Le niveau de veille technologique du territoire. VT_Terr

Tableau 2: Items des variables explicatives

Source : Conçu par nous-mêmes

Enfin la variable à expliquer mesure par trois items (voir tableau 3).

Items Code
Choix du marché. CH_Mar
Choix du niveau de la main d’œuvre. CH_MOD
Qualité des services fournis par le territoire. QAS_Terr

Tableau 3: Items de la variable à expliquer

Source : conçu par nous-mêmes

En effet, les résultats de notre étude exploratoire ont fait ressortir la pertinence de l’utilisation du choix de niveau de la main d’œuvre comme élément de mesure de la décision de localisation des PME. Les deux autres items ont été éliminés suite à leur inadaptation avec notre contexte de recherche. (5 interviewés sur 7 déclarent que leur décision de localisation est principalement liée au critère de la main d’œuvre).

Méthodes d’analyse des données

Nous avons utilisé une échelle de Likert pour la mesure des variables retenues. Le principe consiste à proposer à l’enquêter de se placer sur un continuum allant de 1 jusqu’à 5. D’après Evrard et al. (1993) il s’agit de choisir, selon son grand accord ou désaccord (tout à fait en désaccord, en désaccord, neutre, d’accord, tout à fait d’accord) une réponse entre 5 possibles par rapport à une série d’opinion portant sur un même sujet. En s’alignant à la conception initiale de Likert, nous avons choisi une échelle de mesure additive (multi-items). Ainsi, les items sélectionnés sont censés opérationnaliser nos deux variables : exogène et endogène. Ils ont été choisis parmi une liste de question plus importante préétablie spécifiquement pour cette étude.

En outre, un pré-test auprès de quelques responsables des entités étudiées a été réalisé pour affiner les items. Ainsi, le questionnaire a subi plusieurs corrections et reformulations suivant les instructions des répondants. De plus, cette étape avait pour objectif principal de garantir la pertinence et la compréhension des critères identifiés par les personnes interrogées. La majorité des entretiens a été réalisée auprès des dirigeants et des responsables administratifs. Il convient de signaler que le choix de ces personnes se base sur la méthode de l’échantillonnage par choix raisonné, en considérant le nombre d’années d’expérience ainsi que niveau de connaissance et de compréhension du sujet abordé.  Au total, sept personnes on été interrogées d’une manière semi-directive. La stratégie de collecte des données a été basée sur le principe de saturation de l’information (Bloor et Wood, 2006). Ces entretiens nous ont permis de valider les items identifiés au préalable, ainsi que d’éliminer deux autres liés à notre variable endogène.

Avant d’analyser statistiquement les corrélations existantes entre les variables, nous avons analysé la cohérence interne de nos échelles de mesure en faisant appel à Alpha de Cronbach  qui doit être compris entre 0.6 et 0.8 vu la nature de l’étude réalisée4Selon Evrard et al. (1993), α doit être compris entre  ...continue. Nous présentons dans ce qui suit, l’analyse des résultats de notre étude quantitative, avant de passer à la discussion pour donner sens aux différents aboutissements.

RESULTATS

Nous présentons les principaux résultats issus de notre étude quantitative. Ainsi, il nous parait important de signaler que l’ensemble des calculs a été réalisé à l’aide du logiciel SPSS 21. Ces calculs se rapportent aux items des variables endogènes et exogènes mobilisées et cités dessus.

L’indépendance entre les variables de mesure

Pour étudier l’indépendance entre nos variables, nous avons eu recours au test Khi-deux. Ainsi, nous avons procédé à l’évaluation de la corrélation entre les différents construits, afin de valider les éléments qui influencent le plus la décision de localisation des entreprises de l’échantillon.

De prime à bord, nous commençons par la vérification de la relation de causalité existante entre la mobilisation des ressources situées à distance, facilitée par les TIC, et le choix du territoire.

 
  Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 8,289a 8 ,406
Rapport de vraisemblance 8,770 8 ,362
Association linéaire par linéaire 3,048 1 ,081
Nombre d’observations valides 37
a. 12 cellules (80,0%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,03.

Tableau 4 : Test du khi-deux MRD_TIC

La signification de la valeur de khi-deux est de 0,40>0,10, donc la localisation est indépendante de l’item de la « mobilisation des ressources situées à distance » liée au TIC. Ceci dit que les deux variables sont indépendantes.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 25,741a 6 ,000
Rapport de vraisemblance 16,850 6 ,010
Association linéaire par linéaire 6,583 1 ,010
Nombre d’observations valides 37
a. 10 cellules (83,3%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,05.

La signification est de 0,00<0,10, alors  la localisation est dépendante à cette variable

Tableau 5 : Test du khi-deux  RT_AC

 
Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 4,842a 6 ,564
Rapport de vraisemblance 6,631 6 ,356
Association linéaire par linéaire 1,621 1 ,203
Nombre d’observations valides 37
a.        8 cellules (66,7%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,03.

Tableau 6 : Test du khi-deux LET_PR

A la lecture des résultats visualisés dans ce tableau, la signification de la valeur de khi-deux est supérieure 0.10, donc la décision de localisation des entreprises est indépendante de l’attractivité de la transformation du lien entre l’entreprise et le territoire, en termes de proximité en tant que résultante.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 5,417a 8 ,712
Rapport de vraisemblance 5,807 8 ,669
Association linéaire par linéaire ,147 1 ,701
Nombre d’observations valides 37
a.        11 cellules (73,3%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,03.

Tableau 7 : Test du khi-deux PRO_TIC

Les résultats du test Khi-deux montre que la proximité organisationnelle, générée par les TIC au sein du territoire, n’exerce aucun effet d’attractivité sur la décision de localisation des entreprises, car la signification de khi-deux est supérieure à 0,10 (elle est de 0,712).

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 10,848a 8 ,210
Rapport de vraisemblance 9,414 8 ,309
Association linéaire par linéaire 1,671 1 ,196
Nombre d’observations valides 37
a.        13 cellules (86,7%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,05.

Tableau 8 : Test du khi-deux PRC_TIC

Au seuil de 10%, la proximité cognitive qui se trouve influencée positivement par les TIC au sein des territoires n’a aucun impact sur la décision de localisation des entreprises (Khi-deux est de 0,210).

  Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 6,865a 6 ,334
Rapport de vraisemblance 7,988 6 ,239
Association linéaire par linéaire 4,316 1 ,038
Nombre d’observations valides 37
a.9 cellules (75,0%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,05.

Tableau 9: Test du khi-deux EP_TIC

Comme l’indique le tableau, la signification de khi-deux est supérieure à 10%, donc il n’existe aucune relation entre la localisation et l’attractivité des externalités générées par le territoire grâce aux TIC.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 15,044a 6 ,020
Rapport de vraisemblance 10,130 6 ,119
Association linéaire par linéaire ,694 1 ,405
Nombre d’observations valides 37
a.        10 cellules (83,3%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,08.

Tableau 10 : Test du khi-deux AT_DT

La décision de localisation des entreprises et les stratégies de développement territorial sont dépendantes, car le degré de significativité est de 2%. Ceci se justifie par la forte capacitée d’attraction des territoires, dotés des TIC, et qui s’engagent dans des orientations et dans des politiques de développement local, voire territorial. Ces territoires constituent des champs fertiles pour les entreprises souhaitant bénéficier des revers de la bonne gouvernance territoriale, qui assouplie les barrières spatiales et temporelles, sur leur secteur d’activité.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 3,829a 6 ,700
Rapport de vraisemblance 3,787 6 ,705
Association linéaire par linéaire ,077 1 ,782
Nombre d’observations valides 37
a.        9 cellules (75,0%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,05.

Tableau 11 : Test du khi-deux NVE_TIC

Ce résultat peut être interprété par l’indépendance de l’interaction des nouveaux entrants vis-à-vis de la localisation en tant que choix du territoire d’installation, car la signification de khi-deux est de 70%>10%.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 2,161a 6 ,904
Rapport de vraisemblance 2,547 6 ,863
Association linéaire par linéaire ,135 1 ,713
Nombre d’observations valides 37
a.        9 cellules (75,0%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,05.

Tableau 12 : Test du khi-deux NVN_PP

L’attractivité des nouveautés numériques appliquées aux plateformes publiques sur les territoires n’a aucun effet sur la décision de localisation, car la signification de khi-deux est très élevée. Les répondants n’accordent aucune importance au degré des facilités qui lui sont accordées, issues de l’innovation technologique dans les services publiques territoriaux.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 3,731a 4 ,444
Rapport de vraisemblance 4,109 4 ,391
Association linéaire par linéaire 2,685 1 ,101
Nombre d’observations valides 37
a.        7 cellules (77,8%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,14.

Tableau 13 : Test du khi-deux AN_Terr

Dans un autre sens, les résultats de cette analyse ne trouvent aucun lien entre le degré d’aménagement numérique du territoire et leur décision de localisation puisque le test de khi-deux est supérieur à 0,10. Ainsi, les deux variables sont indépendantes. Ce résultat est surprenant.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-d

eux de Pearson

13,837a 8 ,086
Rapport de vraisemblance 15,975 8 ,043
Association linéaire par linéaire 1,497 1 ,221
Nombre d’observations valides 37
a.        11 cellules (73,3%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,03.

Tableau 14 : Test du khi-deux MC_TIC

De plus, au seuil de 10%, on constate qu’il existe un lien entre la décision de localisation des entreprises et l’orientation vers la minimisation des coûts, car le degré de significativité est de 8,6%. En s’alignant avec les avancées théoriques, les dirigeants s’orientent essentiellement vers la minimisation des coûts dans leur stratégie d’installation. Ce résultat attendu peut être également justifié par la nature de notre terrain d’investigation, constitué principalement des entreprises installées dans le cluster Haliopôle d’Agadir.

Valeur Ddl Signification asymptotique (bilatérale)
Khi-deux de Pearson 5,415a 8 ,712
Rapport de vraisemblance 4,977 8 ,760
Association linéaire par linéaire 1,568 1 ,211
Nombre d’observations valides 37
a. 13 cellules (86,7%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L’effectif théorique minimum est de ,05.

Tableau 15 : Test du khi-deux VT_Terr

Enfin, la décision de localisation est indépendante de l’attractivité du niveau de veille technologique du territoire, car le degré de signification dépasse 10%.

A l’issue de l’analyse de ses résultats, il convient d’éliminer, de notre étude, les items qui sont indépendants de la décision de localisation. Ainsi, nous limiterons notre analyse aux items suivants qui construisent nos variables :

  • Le niveau des ressources du territoire d’accueil liées aux TIC ;
  • Les stratégies et politiques de développement territorial liées aux TIC ;
  • L’orientation vers la minimisation des coûts, supportée par les TIC dans le territoire.

Essai de modélisation

Modèle R R-deux R-deux ajusté Erreur standard de l’estimation Durbin-Watson
1 ,897a ,747 ,678 ,503 2,123
a. Valeurs prédites : (constantes), La décision de localisation est influencée par l’orientation vers la minimisation des coûts, Le niveau des ressources du territoire d’accueil lié aux TIC, Les stratégies et politiques de développement territorial liées aux TIC
a. Variable dépendante : La localisation comme un choix du territoire d’installation

Tableau 16 : Récapitulatif des modèlesb

A partir de cette analyse, on remarque que le R² tend vers 1 (il est de 0,897). Ce résultat montre que le modèle obtenu est significatif. Il est également optimal selon le R² ajusté. Aussi, la statistique Durbin-Watson est proche de 2, alors on peut conclure qu’il n’y a pas d’auto-corrélation des résidus.

Modèle Somme des carrés Ddl Moyenne des carrés D Sig.
1 Régression 2,733 3 ,911 3,602 ,024b
Résidu 8,348 33 ,253
Total 11,081 36
a. Variable dépendante : La localisation comme un choix du territoire d’installation
b. Valeurs prédites : (constantes), La décision de localisation est influencée par l’orientation vers la minimisation des coûts, Le niveau des ressources du territoire d’accueil lié aux TIC, Les stratégies et politiques de développement territorial liées aux TIC

Tableau 17 : ANOVA a

En se basant sur le tableau 17, nous constatons que la statistique de Fisher est de 0,024<5%. L’équation de régression est alors très significative, c’est-à-dire, que les trois variables exogènes contribuent d’une manière très importante dans l’explication de la variable endogène, à savoir la décision de localisation.

Modèle Coefficients non standardisés Coefficients standardisés T Sig. Statistiques de colinéarité
A Erreur standard Bêta Tolérance VIF
1    (Constante) 5,148 ,470 10,942 ,000
Le niveau des ressources du territoire d’accueil lié aux TIC -,274 ,093 -,451 -2,943 ,006 ,971 1,029
Les stratégies et  politiques de développement territorial liées aux TIC ,123 ,116 ,168 1,053 ,300 ,896 1,115
l’orientation vers la minimisation des coûts -,068 ,072 -,149 -,945 ,351 ,919 1,088
a. Variable dépendante : La localisation comme un choix du territoire d’installation

Tableau 18: Coefficientsa

Nous avons calculé également, via SPSS, le degré de minimisation de l’erreur de l’estimation. D’après la significativité des paramètres, on peut constater que seulement le paramètre de la première variable est très significatif. Concernant la multi colinéarité, tous les coefficients de la tolérance tendent vers 1, ce qui nous permet de dire qu’il n y a pas de multi colinéarité entre les variables du modèle. Autrement dit, les variables explicatives de notre modèle ne sont pas corrélées entre elles.

Kolmogorov-Smirnova Shapiro-Wilk
Statistique Ddl Signification Statistique Ddl Signification
Standardized Residual ,139 37 ,067 ,924 37 ,014
a.        Correction de signification de Lilliefors

Tableau 19: Tests de normalité

A travers le tableau 19 exposant les tests de normalité des résidus, les paramètres de Kolmogrov-Smirnov et Shapiro-Wilk sont très significatifs permettant de conclure que les résidus suivent une loi normale.

En définitive, le modèle de recherche est significatif. A cet effet, on peut écrire notre équation comme suit :

Décision de localisation = 5,148 – 0,274 RT_AC + 0,123 NVE_TIC – 0,68 MC_TIC + ɛ

DISCUSSION DES RESULTATS

L’analyse statistique des résultats du présent travail consiste à les mettre en perspective au sein d’un bilan plus global en fonction des éléments qui avaient été émis au regard de la littérature. L’objectif étant de vérifier si ses résultats convergent avec les conclusions des recherches antérieures, mobilisées dans le cadre théorique5Selon Andreani et Conchon (2002 ; p.6), « C’est ...continue, afin d’apporter des éléments de compréhension sur l’influence des territoires dotés des TIC sur la décision de localisation des PME.

En effet, les résultats de l’analyse font ressortir l’existence d’une corrélation significative et positive entre le choix de localisation des PME et les variables exogènes, à savoir : le niveau des ressources du territoire d’accueil liées aux TIC, les stratégies et politiques de développement territorial liées aux TIC, ainsi que l’orientation vers la minimisation des coûts, supportée par les TIC dans le territoire. Ses résultats viennent appuyer plusieurs travaux théoriques et empiriques tels que ceux de Shearmur (2011) et Redjem (2019).

En outre, notre champ d’investigation, celui des PME insérées dans le Cluster Haliopôle d’Agadir, donne une explication à ce résultat majeur, en concrétisant la logique de collaboration, de coordination, de projet et d’action collectifs, ainsi que par les différentes formes de partenariat induisant la collaboration des différents groupes d’intérêts. La confirmation de ce résultat va aussi dans le sens des travaux de recherche de Puel (2006), qui montre le bénéfice tiré d’une localisation favorable liée à l’utilisation des technologies d’information et de communication territoriales.

Pour reprendre la terminologie des auteurs cités ci-dessus, les décisions de localisation induites par une stratégie commune sont dues à l’existence d’une proximité cognitive, facilitant les échanges de savoir, le partage d’expérience, de codes, de représentation et de langages. En d’autres termes, les connaissances deviennent accessibles en tenant compte de l’existence d’une proximité organisée voire relationnelle (Torre, 2014 ; Aguiléra et al. 2015). En revanche, ces deux résultats ont été infirmés par notre étude empirique, ce qui constitue un résultat surprenant. Cet aboutissement peut être justifié par le fait que la décision de localisation est évolutive dans le temps et dans l’espace (Ellram  et  al.,  2013) et la nature des items que nous avons mobilisés. En fait, les auteurs cités ci-dessus ont utilisé des items différents de ceux que nous avons retenus, ce qui leur a permis de confirmer cette relation de cause à effet. Egalement, notre champ d’investigation, constitué principalement par les PME insérées dans le Cluster Haliopôle d’Agadir, peut expliquer cette  constatation empirique inattendue.

CONCLUSION

Les TIC amènent avec elles des bouleversements de taille, qui exigent des adaptations pour tous les utilisateurs. Elles impactent tous les domaines et tous les secteurs de l’économie.  Alors que cette ère entre dans une nouvelle phase potentiellement tumultueuse, de leur part, les territoires sont confrontés à de nouveaux défis et opportunités.

Comme il a été introduit, en entamant ce travail, l’objectif étant d’étudier davantage la question des TIC dans un contexte spécifique, celui de la relation entre le territoire technologique et la décision de localisation des entreprises. En effet, Il est évident que la période actuelle atteste d’un engouement autour de ces enjeux. Il semble que le constat le plus important relevé tout au long de cette réflexion, est que le poids croissant des mutations technologiques pousse les territoires à s’approprier des techniques digitales, afin de se différencier aux yeux des entrepreneurs. Ces derniers préfèrent localiser leurs entreprises dans des territoires technologiques, pour se disposer des outils nécessaires permettant l’exercice efficace de leurs activités, délivrant de meilleurs services publics, utilisant les technologies et les méthodes créatives.

A l’issue de l’analyse de nos résultats, il convient de préciser que le choix de localisation des entreprises enquêtées dans des territoires principalement équipés des TIC dépend du niveau des ressources du territoire d’accueil, des stratégies et politiques de développement territorial et de l’orientation vers la minimisation des coûts supportée par les TIC dans le territoire.

Les TIC pourraient transformer le lien entre l’entreprise et son territoire, notamment, en termes de proximité. Il invite à repenser tous les secteurs de l’activité économique. Dans le cadre d’une étude quantitative, l’étude réalisée était limitée au Cluster Haliopôle d’Agadir. Suite à cela, nous suggérons, comme perspective de recherche, une investigation plus profonde en utilisant un échantillon plus large, avec l’étude de l’ensemble des Clusters de la région Souss Massa.

 

References   [ + ]

1. L’aménagement numérique du territoire peut être défini comme la  traduction spatiale de la combinaison des rapports entre la politique traditionnelle d’aménagement du territoire et l’application des TIC aux problématiques nouvelles de développement territorial (Puel, 2006).
2. Le cluster peut être défini comme « un groupe d’entreprises et d’institutions partageant un même domaine de compétences, proches géographiquement et inter-reliées » (Porter, 1998, p. 78). Il constitue ainsi un moteur pour la compétitivité et l’aptitude à innover des entreprises qui s’y insèrent ainsi que pour le développement de leur territoire.
3. Le recours à la méthode de sollicitation indirecte s’explique par notre volonté de réduire le délai de recueil des données.
4. Selon Evrard et al. (1993), α doit être compris entre  0.6 < α < 0.8 dans le cas d’une étude exploratoire (notre cas ici).
5. Selon Andreani et Conchon (2002 ; p.6), « C’est l’interprétation qui donne à l’analyse toute sa puissance. C’est elle qui permet d’explorer toutes les facettes de la réalité et d’obtenir des résultats authentiques et vrais. C’est elle qui sert à aller de l’avant et à découvrir de nouvelles pistes. Grâce aux réflexions du chercheur, les données prennent tout leur sens et échappent à des raisonnements éloignés des faits réels ».


Références bibliographiques

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Pour citer cette article

et , "Territoires et technologies de l’information et de communication : Quels effets sur la decision de localisation des PME du Cluster Haliopole d’AGADIR ?", RIMEC [en ligne], 05 | 2020, mis en ligne le 07 juillet 2020, consulté le 23 October 2020. URL: http://www.revue-rimec.org/territoires-et-technologies-de-linformation-et-de-communication-quels-effets-sur-la-decision-de-localisation-des-pme-du-cluster-haliopole-dagadir/