Responsabilité sociétale chez les entreprises chimiques et para-chimiques cotées à la Bourse des Valeurs de Casablanca

et

Résumés

Aujourd’hui, la Responsabilité sociétale de l’entreprise consiste à demander à celle-ci de s’intéresser à autre chose qu’à son compte d’exploitation et d’être interactive avec les attentes de la société. Il s’agit plus précisément de s’inscrire dans la dynamique du développement durable en recherchant un juste équilibre entre le développement économique, l’intégration sociale et le respect des équilibres écologiques.
Il existe une diversité des représentations du rôle qui incombe à l’entreprise envers la société, ce qui explique la polysémie des concepts invoqués pour le fonder. Loin des controverses autour des origines, des composantes et des indicateurs de mesure du construit RSE, notre communication soulève la question de l’implémentation de la responsabilité sociétale chez les entreprises chimiques et para-chimiques marocaines cotées à la Bourse des Valeurs de Casablanca.
Notre étude empirique révèle que les entreprises étudiées apportent, partiellement, leur contribution au développement durable du pays. Toutefois, elles tendent davantage à limiter leurs actions de RSE aux domaines ayant un impact direct sur leur performance économique de court/moyen terme ou s’inscrivant dans un « marketing social ».

Texte intégral

A+ A-

Introduction

Il est communément admis que la responsabilité sociétale d’entreprise “RSE”1Signalons qu’il existe une multitude de synonymes  du ...continue est née sous l’effet des pressions des parties prenantes « stakeholders »2 Partie prenante (partie concernée, Partie intéressée) ...continue (Cazal, 2005; Cazal et Dietrich, 2005) en vue de faire adopter à l’entreprise un comportement socialement responsable3Mode de gestion qui accroît la contribution positive de ...continue et de l’importance constatée de la RSE dans l’accroissement de la performance globale des entreprises.

Outre le consens apparent sur l’origine de la RSE, un certaine convergence des opinions existe également concernant la finalité de la RSE comme le traduit la citation suivante : «Même si l’entreprise est aujourd’hui une institution centrale, elle doit, en permanence, gagner le droit d’exercer son activité en démontrant qu’elle crée de la valeur tout en respectant les personnes et servant les intérêts de la société.» (Ganand et Mercier, 2005). Les principales divergences4La question de la responsabilité sociétale est ...continue apparaissent lorsqu’il s’agit de définir le construit de RSE.

En concordance avec l’axe thématique 5 de la conférence « RSE : vœux pieux ou implication réelle des entreprises? », nous essayons d’apporter des éclairages empiriques sur l’implémentation de la RSE chez les entreprises chimiques et para-chimiques marocaines cotées à la Bourse des Valeurs de Casablanca « BVC » au Maroc. Deux grandes questions constituent la trame de fond de notre communication : Que recouvrent les démarches de Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) engagées par les entreprises étudiées? Comment sont-elles déployées ? La réponse à ces questions (section 4) nécessite à priori la délimitation des dimensions du construit « RSE » et l’identification des critères de l’approcher compte tenue des exigences du développement durable au Maroc (sections 2 et 3).

RSE : aperçu conceptuel

Deux approches complémentaires permettent d’appréhender le phénomène de responsabilité sociétale de l’entreprise. Une première approche fondée sur les attentes des parties prenantes (stakeholders theory) et une seconde approche qui identifie la RSE en relation avec les indicateurs constituant la performance globale de l’entreprise (approche managériale).

Approche de la RSE par les parties prenantes

Les tenants de cette approche (Frédérique et Gond, 2003 ; Breuil et Brun, 2007 : p 32 ; etc.), largement partagée par les instances internationales et les organismes nationaux, se réfèrent pour définir la RSE aux multiples représentations que se font les différentes parties prenantes internes (direction générale, employés) et externes (actionnaires, syndicats, ONG, Pouvoirs publics, collectivités locales, etc.).

Plusieurs sont les définitions adoptées dans cette approche qui dérivent du modèle de développement durable « DD »5Le développement durable doit être supportable pour les ...continue (Breuil et Brun, 2007 : p 24-25) qui se concrétise à l’échelle de l’entreprise6Pour plus de détail sur le lien entre le développement ...continue, au travers la prospérité économique, le respect de l’environnement ainsi que le respect et l’amélioration de la cohésion sociale (Pesqueux, 2002). En dépit, de ce tronc commun, il y a lieu de distinguer 3 positions :

  • Une première série de définitions (ex : Commission miroir française de l’ISO)7Citée par Breuil F. et Brun E. (2007 : p 72). qui optent à l’aspect contraignant dans la mise en place de la RSE conformément aux lois applicables et aux instruments intergouvernementaux ;
  • Une seconde série qui met l’accent sur l’intégration de manière volontaire, systématique et cohérente de la RSE en relation avec les parties prenantes (ex : COM8Commission des Communautés Européennes., 2001 ; AFNOR, 2003 ; CIDD9Commission Interdépartementale du Développement Durable ...continue, 2006 : p 7) ;
  • Une troisième voie (COM, 2001 ; SAI, 2001 ; Global Compact ; charte de la CGEM10Confédération Générale des Entreprises du Maroc.; Herzenni, 2008 : p 3) se focalise sur la décomposition du « triple botton line » en dimensions et critères qui constituent des domaines d’engagement11« L’engagement sociétal désigne l’ensemble des ...continue des entreprises. Bien qu’il existe des différences entre les adeptes de cette voie quant au nombre des dimensions retenues, ils convergent vers les domaines suivants : le respect des droit de l’homme au travail, la valorisation des ressources humaines, la protection de l’environnement, l’observation de normes éthiques dans les rapports avec les clients et les fournisseurs, la bonne gouvernance, l’engagement envers les communautés locales.

Au-delà de l’engagement de l’entreprise envers les parties prenantes, celle-ci devra trouver un intérêt dans son implication dans une démarche de RSE. Empiriquement, les enjeux relevant de la RSE sont extrêmement larges et le champ couvert est étendu, c’est pourquoi certains auteurs préfèrent l’appréhender à travers sa face apparente: la performance globale (Capron et Quairel-Lanoizelée, 2005).

Approche managériale de la RSE

L’approche par les parties prenantes est complétée par l’approche managériale qui considère la RSE un tremplin vers la performance globale dans une dynamique « gagnant-gagnant »12A titre d’exemple selon le PNUD (2008 : p 2) « ...continue. A titre d’illustration, selon Reynaud (2003, p.10), La performance globale de l’entreprise passe par l’agrégation des performances économiques, sociales et environnementales dont les composantes constituent la traduction majeure de la RSE (Cf. figure 1 ci-dessous). Au même titre, l’entreprise tire profit de son engagement par l’atteinte des principaux objectifs de sa raison d’être grâce notamment à la réduction des coûts, l’amélioration de son image auprès du consommateur et la motivation des employés.

Figure n° 1 : Processus de performance globale
fig1
Source : Reynaud (2003)

La vision de segmentation par type de performance sus-indiquée est également partagée par le Triple Botton Line Reporting « TBL »13La Triple Bottom Line (ou encore triple bilan), défend ...continue et la Global Reporting Initiative « GRI »14 Pour la Global Reporting Initiative (GRI), Créé en 1997 ...continue).

Précisons que des problèmes surgissent quand il s’agit de mesurer la performance globale de l’entreprise et donc d’appréhender la RSE. En premier lieu, la fixation de standards, leur mesure et évaluation restent des défis majeurs à surmonter15A titre d’exemple pour construire un bilan sociétal ...continue à cause des besoins différenciés des parties prenantes. En second lieu, les techniques de mesure manquent une notion d’intégration, qui est très importante, selon Dubigeon (2002), car elle exprime la relation existant entre la performance de l’entreprise et son bilan global. Enfin, force est de constater, que les mesures retenues pour évaluer la performance dans l’entreprise sont souvent d’origine financière (Glaister et Buckley, 1999) ou subordonnées au financier (exemple : Balanced Scorecard « BSC »)16Le Balanced Scorecard, ou tableau de bord prospectif, né ...continue et que la RSE, sur le plan management est «un processus visant au développement durable, où il n’existe pas d’objectif préétabli, mais une perspective de progrès devant être renouvelée et vérifiée…» (Doucin, 2008 : p 14).

Le passage en revue des approches précédentes fait apparaître une idée centrale, à savoir : la subordination des objectifs de la RSE à ceux du développement durable. Ce dernier dépend lui-même des exigences contextuelles du territoire étudié. Ceci dit, dans un souci de mieux approcher la réalité étudiée, la délimitation des dimensions et critères de RSE à retenir en définitive au Maroc revient à examiner ses exigences en DD.

Exigences du DD au Maroc

En fait, le Maroc étant un pays en voie de développement, cela signifierait que les défis du DD à surmonter sont multiples (croissance économique soutenue, limitation de la pauvreté, généralisation de l’éducation, etc.). Nous focalisons notre intérêt sur cinq domaines prioritaires en relation avec la RSE qui nécessitent une implication directe des entreprises pour les raisons exposées ci-après.

En premier lieu, la Création d’emplois et employabilité. Depuis les années 1980, la question d’emploi est posée avec acuité. En volume, s’est plus d’un million de la population active en 2006 qui est en chômage dont environ 25% des chômeurs diplômés supérieurs172/3 de des chômeurs diplômés été sans emploi pour une ...continue (HCP, 2008). Certes le gel du recrutement dans la fonction publique à sa par de responsabilité, mais le secteur privé est également incapable d’absorber le flux annuel des demandeurs d’emploi (Saâdi, 2006). A ceci s’ajoute l’inactivité des entreprises (69581 entreprises sans déclaration en 2006 ; CNSS, 2007) ou leur fermeture (4595 fermetures entre 1994-2004 avec 90586 employés licenciés ; Direction de l’Emploi, 2008).

Secondement, la participation des entreprises à la compétitivité. En 2006, le Maroc a été classé en zone rouge à cause de la détérioration de sa balance commerciale de plus de 1% du PIB (Helbling et al, 2008). En particulier, le taux de couverture des biens vis-à-vis des pays avec lesquels le Maroc a signé des ALE (UE, pays arabes, USA, Turquie, etc.) a diminué de manière considérable (Office des Changes, 2008), ce qui pose le problème de l’offre exportable voire même le problème de garder sa part de marché local.

Troisièmement, l’économie et traitement de l’eau. Constat : la baisse d’une année à autre du potentiel hydraulique mobilisable ce qui place le Maroc dans la frange des pays à « stress hydrique » (Bzioui, 2004). Déjà les disponibilités en eau par habitant (m3) ont diminué de 28% entre 1990 et 2003 et ce sont les principaux centres urbains et industriels qui souffrent le plus (Laouina, 2006 ; Agoumi et Debbarh, 2006). Les projections à l’horizon 2025 ne sont guère rassurantes, puisqu’il est prévu que le déficit s’accentuera sous l’effet de la forte demande en eau des ménages et des secteurs de l’industrie et de la production d’électricité.

Quatrièmement, l’économie des énergies. Compte tenue de la forte dépendance énergétique du Maroc vis-à-vis de l’extérieur et des renouvellements que connaît l’appareil national de production d’énergie18A titre d’exemple : la raffinerie de Sidi Kacem fermera ...continue, il demeure primordial que les entreprises, surtout les industries énergivores, (centrales thermiques, cimenteries et sucreries, chimie), participent à l’effort d’économie d’énergie.

En dernier lieu, la protection de l’environnement. Selon la stratégie nationale pour la protection de l’environnement et le développement durable, le coût de dégradation de l’environnement19Englobe le manque à gagner en organisant les activités de ...continue est estimé à 8,2% PIB. Bien que les déchets industriels solides ne soient pas censés représenter des volumes considérables (environ 975.000 tonnes par an dont 120.000 tonnes/an de déchets dangereux), l’absence quasi totale d’un traitement de ces déchets, présente de graves conséquences pour le milieu récepteur (pollution de l’atmosphère, pollution chimique et biologique des ressources, contamination des sols et des eaux) (Secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement, 2003).

A partir des constats tirés plus haut nous synthétisons les principales mesures de la RSE à mettre en œuvre par les entreprises au Maroc dans le tableau n° 1 ci-dessous.

Tableau n° 1 : Principales mesures de RSE en relation aux exigences de DD au Maroc
Domaine Principales mesures de RSE
Création d’emplois et employabilité ·      Création et préservation des emplois ;

·      Lutte contre l’emploi précaire20Déclaration partielle du salarié, salaires minorés, ...continue via le respect du code du travail ;

·      Employabilité.

Participation à la compétitivité ·      Obligation de mise à niveau ;

·      Exigence de rehausser le niveau de compétitivité.

Economie et traitement de l’eau ·      Lutte contre les gaspillages ;

·      Rationalisation de l’usage de l’eau ;

·      Traitement et recyclage des eaux.

Economie des énergies ·      Rationalisation de l’utilisation de l’énergie ;

·      Utilisation des énergies renouvelables (éoliens, solaires, etc.) ;

·      Utilisation du gaz naturel et des biotechnologies ;

·      Veille à la sûreté des installations énergétiques.

Protection de l’environnement ·      Economie des matières premières ;

·      Protection de l’air ambiant ;

·      Gestion des eaux usées et des déchets ;

·      Réduction des bruits.

Source : Construction personnelle (2009)

 

Le tableau ci-dessus désigne les mesures de RSE à travers lesquelles les entreprises marocaines peuvent épauler les pouvoirs publics. Cela ne signifie aucunement qu’elles sont censées se substituer à l’action publique (COM, 2006).

Partant de la synthèse présentée plus haut de quelques apports théoriques et des principales exigences du développement durable au Maroc, nous retenons les éléments essentiels suivants utiles pour notre étude empirique :

  • Le soubassement essentiel de la RSE est constitué par les exigences des parties prenantes qui peuvent prendre une forme réglementaire ;
  • Le management de la RSE par les entreprises se développe en relation avec son importance à leur performance globale ;
  • Les dimensions de la RSE sont multiples mais peuvent converger vers des grands domaines avec des spécificités contextuelles en ce qui concerne les mesures (critères).

Etude empirique : méthodologie, présentation et discussion des résultats

Avant de nous aventurer plus loin dans l’analyse des contours de l’étude empirique, une mise en garde s’impose. Notre communication ne prétend pas, évaluer l’impact réel interne et externe des pratiques déclarées de RSE de chacune des entreprises étudiées. Néanmoins, elle permet de relever un certain nombre d’indices précieux sur l’existence de la démarche RSE dans chacune de ces entreprises sans pour autant pouvoir en évaluer l’application réelle dans leur pratique interne.

Termes de l’étude empirique

Notre étude empirique, à caractère exploratoire, a porté sur les 12 entreprises chimiques et para-chimiques21Les entreprises en question appartiennent à différentes ...continue cotées à la BVC (Cf. tableau 2 ci-après).

Tableau n° 2 : entreprises chimiques et para-chimiques cotées à la BVC
Raison Sociale Groupe Secteur d’Activité Date de constitution Date d’introduction Capital Social MAD
Ciments du Maroc Italcementi Group BTP 01 janv. 1951 24 juin 1969 721 800 200,00
Holcim Holcim LTD BTP 01 janv. 1976 21 déc. 1993 421 000 000,00
Lafarge Lafarge BTP 01 janv. 1981 19 févr. 1997 1 746 911 300,00
SCE22Société Chérifienne d’Engrais et de Produits ...continue Chimie 13 août 1946 20 févr. 1950 61 644 800,00
Maghreb Oxygène Akwagroup Chimie 01 janv. 1977 17 juin 1999 81 250 000,00
Colorado Chimie 01 janv. 1957 27 oct. 2006 90 000 000,00
SNEP23Société Nationale d’Electrolyse et de Pétrochimie. Ynna Holding Chimie 01 nov. 1973 07 nov. 2007 240 000 000,00
Sothema pharmaceutique 26 janv. 1976 21 févr. 2005 120 000 000,00
Promopharm SA24Société de Promotion Pharmaceutique du Maghreb. Promopharm pharmaceutique 28 août 1947 15 juin 2007 100 000 000,00
Samir Corral Pétrole & Gaz 01 janv. 1959 19 mars 1996 1 189 966 500,00
Afriquia Gaz Akwagroup Pétrole & Gaz 01 janv. 1992 03 mai 1999 343 750 000,00
Papelera de Tetuan CDG Développement Sylviculture & Papiers 01 janv. 1948 28 juil. 1998 101 937 500,00
Source : BVC (2008)25http://www.casablanca-bourse.com (consulté en août 2008).

Le tableau ci-dessus retrace les principales informations générales de la population étudiée. Ainsi, 5 sous-secteurs sont représentés et toutes les entreprises ont plus de 15 ans d’existence. En outre, 2/3 de ces entreprises sont cotées en bourse pour une durée dépassant les 5 ans.

L’intérêt de l’étude de la RSE dans ces entreprises s’explique au moins par trois raisons: la nature polluante de leur activité, notre présomption que ce type d’entreprise est le plus disposé à mettre en œuvre une démarche RSE et les résultats de l’enquête du Pacte Mondial au Maroc (2007) qui ont révélé que les entreprises qui mènent des activités de RSE2655,4% des 92 entreprises de l’échantillon observé dans ...continue sont pour la majorité issue du secteur manufacturier et celui des services.

Au départ, nous avons opté à une méthodologie d’enquête par questionnaire. Ce dernier a été construit grâce à la confrontation des approches conceptuelles (cf. section 2) et la prise en compte des exigences concrètes du DD au Maroc (Cf. tableau 1). L’administration du questionnaire s’est faite par voie électronique à plusieurs reprises sur une durée de 45 jours (juillet-Août 2008). Cependant, une seule entreprise a répondu à notre questionnaire. Pour remédier à cette situation nous avons transformé le questionnaire en grille d’analyse (Cf. annexe 1) dans laquelle nous avons reproduit les préoccupations de l’étude empirique en 3 rubriques :

  1. La perception de la RSE (définition retenue et dimensions de RSE privilégiées);
  2. La gouvernance de la RSE (existence de stratégie, instruments utilisés, existence d’organes RSE, audit indépendant, diffusion des informations et budget alloué) ;
  3. Les pratiques déclarées de la RSE (regroupé dans 4 dimensions composée chacune de critères adaptés au contexte marocain et à la nature des entreprises étudiées27A titre d’exemple dans l’axe droits de l’Homme nous ...continue). Notons que nous nous sommes intéressés plus aux volets social et environnemental, car les entreprises observées affichaient au moment de l’étude des bonnes performances économiques (Cf. états financières 2007 des entreprises étudiées28http://www.casablanca-bourse.com (consulté en Août 2008).).

Après la collecte pour chacune des entreprises des rapports annuels d’activité, des notes d’information et/ou des données disponibles sur les sites Internet officiels des entreprises observées29Les sites Internet de Promopharm et Samir ne sont pas ...continue ou sur le site de la BVC, nous avons traité les données recueillies en deux phases : le dépouillement et le classement des informations en relation avec l’objet de notre étude ; puis, le renseignement de la grille d’analyse (Cf. annexe 1). Dans le paragraphe qui suit nous présentons les résultats obtenus après le traitement des données de la grille sur Excel.

Présentation et discussion des résultats de l’étude

Il ressort de l’analyse des données recueilles que toutes les entreprises se considèrent socialement responsables et mènent des actions au moins dans l’une des dimensions de la RSE. Ceci corrobore notre supposition initiale que les entreprises cotées en bourse sont plus enclin de se préoccuper des enjeux sociaux et environnementaux. Seulement, les entreprises observées ont-elles la même perception de la RSE ? Comment elles gèrent leur RSE ? Et quelles sont les pratiques  privilégiées ?

Perception de la RSE

La perception de la RSE a été approchée à travers la définition et les axes retenues par les entreprises de la population étudiée. Sur le plan de la définition, une seule entreprise « Samir » dispose d’une définition formelle de la RSE. Pour les autres entreprises elles formalisent leur engagement responsable à travers des valeurs contenues dans des chartes ou des référentiels de bonne conduite. Ces documents sont la plupart du temps inspirés des valeurs des groupes d’appartenance (Cf. tableau 2 ci-haut).

Concernant les raisons d’adoption d’un comportement sociétalement responsable, le graphique 1 ci-dessous montre que 3 entreprises sur 5 adhèrent à la RSE pour des raisons réglementaires, la même proportion considère que cet engagement permet l’amélioration de la performance (création de la richesse). Ce résultat rejoint l’idée selon laquelle la RSE requiert en premier lieu le respect des normes réglementaires, avant de déborder sur des objectifs volontaires. 33% des entreprises observées a opté volontairement à la RSE, l’une d’elles, la « SNEP », ajoute également l’argument de la performance.

Tableau 3 : Axes de RSE Fq.
Respect Environnement 92%
Amélioration conditions travail & sécurité 83%
Publication informations non financières 75%
Investissement socialement responsable 75%
Certification RSE 67%
Soutien société civile 67%
Audit RSE 50%
Participation au développement local 50%
Bonne gouvernance 42%
Respect Droits de l’Homme 8%
Source : construction personnelle (2008)

Il apparaît donc que la RSE quelque soit son fondement imprègne la conduite des dirigeants en question. Ceci étant, les axes de la RSE ne reçoivent pas le même intérêt. La classification par ordre décroissant des 10 axes que nous avons retenu (Cf. tableau 3) montre que le respect de l’environnement vient en tête ce qui peut être jugé normal en raison des risques environnementaux que pose l’activité chimique et para-chimique. En second lieu, viennent l’amélioration des conditions de travail et la sécurité, avec une fréquence de 83%, ceci est étroitement lié aux risques des différents corps de métiers dans ce genre d’industrie. 3/4 des entreprises sont pour la transparence des informations non financières et plaident pour l’investissement socialement responsable.

Les dimensions précitées ressaisissent la vocation citoyenne de la majorité des entreprises de la population étudiée. Ceci dit, les questions nouvellement intégrées par la logique de développement durable (bonne gouvernance, audit RSE, participation au développement local et le respect des droits de l’Homme) semblent encore moins perçues par la moitié des entreprises pour les trois premiers thèmes et par la quasi-totalité en ce qui concerne les droits de l’Homme, seule Lafarge constitue l’exception et communique à ce sujet.

Gouvernance de la RSE

En pratique, la gouvernance de la RSE passe, selon la CIDD (2006), par au moins six instruments: codes de conduite, normes de management, rapportage, audit social, labels et investissement sociétalement responsable.

 fig2
Tableau 3 : Axes de RSE Fq.
Respect Environnement 92%
Amélioration conditions travail & sécurité 83%
Publication informations non financières 75%
Investissement socialement responsable 75%
Certification RSE 67%
Soutien société civile 67%
Audit RSE 50%
Participation au développement local 50%
Bonne gouvernance 42%
Respect Droits de l’Homme 8%
Source : construction personnelle (2008)

L’expression sans équivoque d’une démarche RSE est l’adoption des normes internationales (ISO 9000 version 2000, ISO 14001, référentiel HACCP, ISO 22000, SA 8000, etc.) ou nationales (Normes Systèmes de Management des Aspects Sociaux « NM 00.5.600 »  et  Systèmes de Management de Santé et de Sécurité au Travail « NM 00.5.800 », etc.) (Nejjar, 2005). D’après les données du graphique 2 ci-dessus, les entreprises observées sont conscientes de cette donne. Un intérêt particulier est donné à la certification par la norme de management d’organisation ISO 9000 suivi des référentiels de bonnes pratiques. Le respect de l’environnement qui constitue la priorité du DD pour 92% des entreprises n’a conduit à la certification ISO 14000 que chez la moitié de la population étudiée. Certaines entreprises recourent à des normes moins connues : les 3 cimentiers ont le label produit « NM 10.1.004 », Afriquia Gaz a obtenu la certification ASTM30American Standard for Testing and Materials. et les 2 entreprises pharmaceutiques ont la certification internationale BPF31Certificat Bonnes Pratiques de Fabrication appliqué au ...continue.

Par ailleurs, l’importance donnée à la sécurité au travail est loin de faire l’objet de certification dans 75% de la population. Trois entreprises seulement ont la certification selon le référentiel de santé et de sécurité au travail OHSAS 18001 (Lafarge, Colorado et la SNEP) et une seule a obtenu le label RSE de la CGEM (Lafarge). En outre, aucune des entreprises observées n’a adhéré au « pacte mondial » ou a demandé la certification des aspects sociaux ou de santé et sécurité de travail selon les normes marocaines. Bref, la priorité est donnée aux normes les plus connues par le consommateur.

Sur un autre registre, toutes les entreprises sauf une ont des politiques et/ou stratégies dans au moins un domaine de RSE. 75% parmi elles déclarent se soumettre à des audits externes et 2/3 ont une structure qui supervise la mise en œuvre de la politique RSE (Cf. graphique 3). Généralement, ces structures sont des départements, services ou comités de sécurité et/ou environnement. Pour les entreprises n’ayant pas d’entité dédiée RSE la supervision se fait par les départements qualité et ressources humaines. Ce qui est de l’audit il se fait en interne ou par les départements ministériels de tutelle sans recours aux agences de notation de la RSE. Seule « Lafarge » se distingue par une direction des relations publiques et développement durable et la soumission à un audit international « Vigéo » qui lui a attribué en 2006 : 2+ en droits humains et relations clients fournisseurs, 3+ en ressources humaines et environnement, 3 pour l’engagement sociétal et le gouvernement d’entreprise).

Le reporting social et environnemental constitue le parallèle de la politique et de l’audit RSE. Dans ce domaine toutes les entreprises ont une communication externe en ligne avec des différences quant au support choisi (Cf. graphique 4 ci-après) : 3/4 introduisent les informations RSE dans leurs rapports annuels, 2 entreprises le font dans les notes d’information de la BVC et une seule entreprise « Holcim » a publié un rapport environnemental sur son activité ciments.

 fig3  fig4
Source : construction personnelle (2008)

Cependant, les informations publiées consacrées à l’environnement ou au développement durable, en réponse généralement à la demande du marché financier, ne renferment aucune précision sur les budgets alloués aux actions de RSE sauf pour 3 entreprises (Lafarge, SNEP, Samir).

Pratiques déclarées de la RSE

Comme nous avons précisé dans les termes de l’étude, les pratiques déclarées de la RSE sont classées dans 4 dimensions : environnement, social, marché et communauté.

Pour la première dimension (Cf. tableau 4), les pratiques déclarées sont en phase avec les préoccupations de protection de l’environnement affichées dans la perception. Les trois pratiques dominantes (recyclage des déchets, utilisation des écotechnologies et des technologies propres et la prévention de la pollution) semblent l’être par respect de la réglementation puisque se sont les cimentiers, les entreprises pharmaceutiques et la société de raffinage qui ont mis en place des stations d’épuration des eaux, des filtres de dépoussiérage et de limitation des émissions de gaz, des incinérateurs, etc.

Tableau 4 : Pratiques déclarées de réduction de l’impact environnemental Fq.
Réduction et recyclage des déchets solides et liquides 92%
Utilisation des écotechnologies et des technologies propres 83%
Prévention de la pollution (par ex., de l’atmosphère et l’eau, bruit) 75%
Economie des matières premières, de l’énergie et de l’eau 67%
Utilisation des énergies renouvelables 25%
Recyclabilité des produits 25%
Inclusion des clauses de sécurité et d’hygiène dans les achats 17%
Source : construction personnelle (2008)

Le véritable engagement sociétal volontaire semble l’être pour les quatre derniers critères du tableau 3, à ce niveau deux tiers des entreprises fournissent des efforts en matière d’économie des ressources via l’approvisionnement en déchets valorisables (exp : briques réfractaires chez les cimentiers), la réduction de la consommation de l’énergie produite à partir des ressources fossiles par l’utilisation de combustibles de substitution (exp : pneus déchiquetés) ou de nouvelles techniques (exp : précalcination) et l’utilisation de technologies de pointe à faible consommation d’eau. Une entreprise sur 4 recours aux énergies renouvelables (parcs éoliens dans les sites de Ciments du Maroc, Lafarge, Samir). 2 entreprises seulement imposent formellement à leurs fournisseurs des clauses de sécurité et d’hygiène.

La seconde dimension, à savoir l’engagement social (Cf. tableau 5), est dominée par la formation afin d’accroitre les compétences des collaborateurs et la sécurité/santé pour éviter les accidents et les maladies professionnelles. Par ailleurs, 67% des entreprises observées contribuent à l’effort national d’emploi, seules Papelera de Tetuan et Lafarge ont procédé au dégraissage (50% du personnel pour la première et 236 personnes pour la seconde avec un plan d’aide à la création de micro-activités). 3 entreprises sur 5 font bénéficier leurs employés d’œuvres sociales, exp : aides pour l’acquisition de logement (SNEP, Ciments du Maroc, etc.).

Tableau 5 : Pratiques déclarées « conditions de travail et droits de l’Homme » Fq.
Développement compétences & employabilité 100%
Sécurité, hygiène et sanitaire 100%
Recrutement du personnel 67%
Déclaration aux régimes de sécurité et de prévoyance sociale 67%
Initiation aux valeurs et  règles de conduite 67%
Œuvres sociales pour les travailleurs 58%
Représentation et liberté syndicale 42%
Participation des salariés aux décisions stratégiques 8%
Source : construction personnelle (2008)

Toutefois, les entreprises étudiées communiquent moins en ce qui concerne la représentation des employés, la liberté syndicale et la participation des salariés aux décisions stratégiques. En d’autres termes, les entreprises œuvrent plus dans les aspects sociaux qui sont susceptibles d’accroitre l’efficacité économique.

Pour les pratiques éthiques dans le marché, l’information se fait rare (Cf. tableau 6), au point que la fréquence la plus élevée est de 25%, soit une entreprise sur 4 qui mène des enquêtes de satisfaction des clients et paient à temps les fournisseurs. Ceci ne signifie pas l’absence de ses pratiques (soit elles considérées hors du champ de la RSE ou les entreprises évitent de communiquer à ce sujet surtout quant il s’agit de concurrence déloyale ou la corruption).

Tableau 6 : Pratiques déclarées relatives au marché Fq.
Paiement ponctuellement des factures 25%
Enquête satisfaction clients 25%
Etiquetage produits 17%
Exigence de vos fournisseurs de respecter les normes RSE 17%
Sensibilisation  et fidélisation des consommateurs 17%
honnêteté et qualité contrats, transactions et publicités 8%
Consigne et règlement des réclamations des parties prenantes 8%
Octroi de cadeaux et pots de vin pour avoir des avantages 0%
Source : construction personnelle (2008)

S’agissant des relations avec la société civile (Cf. tableau 7), beaucoup d’entreprises entretiennent des relations avec celle-ci. Ceci étant, ces relations sont essentiellement tournées vers des activités non liées à celles de l’entreprise (dons, sponsoring, appui aux manifestations), autrement dit, elles sont peu tournées sur l’entreprise mais renforcent sa vocation citoyenne (reboisement, réhabilitation de parcs, création d’espaces verts, plages propres, équipements d’écoliers, construction de maisons SOS, etc.).

Tableau 7 : Pratiques déclarées relatives à la communauté Fq.
Participation ou soutien de rencontres ou manifestations 67%
Dons, sponsoring, et soutien à la communauté 58%
Services à la communauté 25%
Dialogue avec la communauté 17%
Encouragement salariés participation communauté 8%
Source : construction personnelle (2008)

 

Une minorité assez forte (3 entreprises), n’a aucune relation avec la société civile ou ne communique pas à ce sujet. Les services à la communauté (stages) se font rares, il en va de même pour l’ouverture du dialogue avec les riverains des entreprises et l’encouragement des salariés à participer aux activités de la communauté.

Conclusion

En examinant le cas des entreprises chimiques et par-chimiques cotées à la BVC en matière de la RSE nous avons voulu approché la perception et les comportements dans ce domaine pour des entreprises à l’avant-garde et tenues d’être transparentes. Deux résultats majeurs émergent de notre étude empirique :

  • Les entreprises étudiées ont, semble-t-il, une conception qui s’inscrit pour une très forte majorité dans une démarche de RSE lié à la réglementation mais également inspirée des exigences prioritaires de développement durable du pays ;
  • Les entreprises étudiées sont plus sensibles aux dimensions environnementale (contrainte réglementaire, pression de la société, changement de valeurs) et sociale (salariés). La communication est moindre concernant les autres dimensions (bonne gouvernance, droits de l’Homme, éthique marché et services à la communauté) .

Ces résultats montrent que la réglementation et la normalisation constituent le moteur d’intégration de la RSE dans les entreprises de la population observée. Ces dernières focalisent leurs actions responsables sur les dimensions ayant un impact économique sur leur performance économique de court/moyen terme ou qui entrent dans le cadre d’un « marketing social ». Encore faut-il rappeler que la RSE ne se décrète pas et ne se réduit pas à de simples actions, qui consistent à se doter de divers codes de conduite, normes, etc. Elle est davantage axée sur l’amélioration effective des pratiques envers les parties prenantes sans détourner l’entreprise de sa mission initiale.

 

Annexe 1 : Grille d’analyse renseignée (*)
  1. PERCEPTION DE LA RSE
  2.  Définition de la RSE retenue par l’entreprise 
Processus imposé par l’ensemble d’obligations légales et/ou par le marché pour la prise en compte des exigences du DD
7
Processus volontaire de prise en compte des exigences du DD et de collaboration avec les parties prenantes de l’entreprise
4
Processus d’amélioration de la performance par la prise en compte des exigences du DD
7
Autre …………………………………………………………………………………
0

  1.  Adhésion aux dimensions de RSE suivants :
Thèmes RSE
ND32Information non disponible
Oui
Prévue
Publication d’informations non financières
3
9
Respect des droits de l’homme
11
1
Respect de l’environnement
1
11
Amélioration des conditions de travail et sécurité
2
10
Pratiques de bonne gouvernance
7
5
Audit social et/ou environnemental
6
6
Certification sociale et/ou environnementale
4
8
Investissement socialement responsable
3
9
Soutien des institutions de société civile
4
8
Participation au développement local
6
6

  1. GOUVERNANCE RSE
  2.  Adoption d’une politique et/ou d’une stratégie de RSE 
Oui
11
Non
Prévue

  1.  Existence des instruments de la RSE suivants 
Principes et lignes directrices
ND
Oui
Prévue
Norme ISO 9000 version 2000
0
12
 
Norme ISO 14000
6
6
Norme Social Accountability 8000 « SA 8000 »
12
0
Norme OHSAS 18001
9
3
Norme SMAS « NM 00.5.600 »
12
0
Normes MSST « NM 00.5.800 »
12
0
Autres normes ………………………………………….
6
6
Label RSE-CGEM
11
1
Code des bonnes pratiques ou de conduite
3
9
Adhésion au Pacte Mondial
12
0

  1.  Existence d’une entité organisationnelle en charge de la RSE ?
Non
Oui
8
Précisez
…………………………………………….

  1.  Soumission de la RSE au contrôle d’un organe externe indépendant ou plusieurs 
 Non
Oui
9
Précisez
………………………………………………

  1.  Diffusion des informations en rapport avec la RSE
Aucune
Intégration au rapport d’activité annuel
9
Rapport social et/ou environnemental
1
Diffusion sur site internet
12
Autres : les notes d’information de la BVC
2
  1.  Budget dédié à la RSE par rapport au chiffre d’affaires 
Moins de 1%
De 1 à 5%
3
Plus de 5%
Pas de précision
9
 

III. PRATIQUES DECLAREES DE RSE


  1.  Pratiques de réduction de l’impact environnemental 
 
ND
Oui
Prévue
Utilisation des écotechnologies et des technologies propres
2
10
Economie des matières premières, de l’énergie et de l’eau
4
8
Réduction et recyclage des déchets solides et liquides
1
11
Prévention de la pollution (par ex., de l’atmosphère et l’eau, bruit)
3
9
Utilisation des énergies renouvelables
9
3
Recyclabilité des produits
9
3
Inclusion des clauses de sécurité et d’hygiène dans les achats
10
2

  1.  Pratiques relatives aux conditions de travail et droits de l’homme
 
ND
Oui
Prévue
Recrutement du personnel
4
8
Développement des compétences et de l’employabilité (ex. formation)
0
12
Œuvres sociales ou des activités à caractère social pour les travailleurs
5
7
Représentation des travailleurs au sein de l’entreprise et liberté syndicale
7
5
Déclaration de tous les salariés aux régimes de sécurité et de prévoyance sociale
4
8
Participation des salariés aux décisions stratégiques (ex. restructuration)
11
1
Mesures de sécurité, services sanitaires, et protection contre les accidents de travail
0
12
Initiation des salariés à l’importance des valeurs et des règles de conduite
4
8

  1.  Pratiques relatives au marché
 
ND
Oui
Prévue
Assurance de l’honnêteté et la qualité dans tous les contrats, transactions et publicités
11
1
Etiquetage clairs et précis sur les produits, y compris pour le service après-vente
10
2
Paiement ponctuellement des factures des fournisseurs
9
3
Exigence de vos fournisseurs de respecter les normes sociales et environnementales
10
2
Octroi de cadeaux et pots de vin pour avoir des avantages
12
0
Sensibilisation  et fidélisation des consommateurs
2
2
Consigne et règlement des réclamations des parties prenantes
1
1
Enquête satisfaction clients
3
3

  1.  Pratiques relatives à la communauté
 
ND
Oui
Prévue
Services à la communauté locale (ex. stages, expérience professionnelle aux jeunes)
9
3
Dialogue sur les questions problématiques de votre entreprise avec la communauté locale
10
2
encouragement des salariés à participer à des activités de la communauté locale
11
1
Dons de bienfaisance, sponsoring, donations et soutien aux activités et aux
 projets de la communauté locale
5
7
Participation ou soutien aux rencontres, manifestations scientifiques, culturelles et/ou sportives
4
8
 
(*) Nombre d’observations, exception pour la question 1 où il s’agit du nombre de citations. Rappelons ici que le nombre d’observations est de 12 entreprises.

References   [ + ]

1. Signalons qu’il existe une multitude de synonymes  du «corporate social responsibility» : Responsabilité Sociale d’Entreprise, Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE), entreprise citoyenne, entrepreneuriat responsable. Seulement, le terme anglais social couvre tous les aspects du développement durable, c.-à-d. il couvre un champ plus large que celui communément admis pour le mot français «social».
2.  Partie prenante (partie concernée, Partie intéressée) [stakeholders, interested parties] = Ensemble des agents qui affectent l’activité économique de l’entreprise, les actionnaires bien sûr mais aussi les salariés, les créanciers, les partenaires commerciaux, les consommateurs, les communautés locales, les associations, les ONG, les pouvoirs publics, la communauté internationale, etc.
3. Mode de gestion qui accroît la contribution positive de l’entreprise à la société tout en minimisant son impact négatif sur les citoyens et leur environnement (Commission Européenne, 2004).
4. La question de la responsabilité sociétale est actuellement abordée de manière différenciée entre les tenants de l’approche anglo-saxonne (importance des parties prenantes et de la gouvernance procédurale) et les tenants de l’approche européenne par la détermination stratégique des enjeux (perspective de développement durable). L’ISO 26 000 en cours a pour objectif de créer une vision partagée entre ces deux approches.
5. Le développement durable doit être supportable pour les écosystèmes, viable à long terme et vivable pour les individus et les collectivités.
6. Pour plus de détail sur le lien entre le développement durable et la RSE voir Brodhag (2006).
7. Citée par Breuil F. et Brun E. (2007 : p 72).
8. Commission des Communautés Européennes.
9. Commission Interdépartementale du Développement Durable en Belgique.
10. Confédération Générale des Entreprises du Maroc.
11. « L’engagement sociétal désigne l’ensemble des visions, des objectifs et des processus par lesquels une organisation entreprend d’agir en faveur de la préservation et de la promotion des intérêts des communautés humaines sur ses territoires d’implantation ou des intérêts de la société en général. »
12. A titre d’exemple selon le PNUD (2008 : p 2) « Entreprendre avec les populations pauvres leur permet de prendre pied sur le marché, étape critique du chemin qui les sortira de la pauvreté. Pour les entrepreneurs et les sociétés, c’est un moteur d’innovation qui crée des marchés et de nouveaux espaces de croissance. Les modèles entrepreneuriaux au bénéfice de tous permettent à la fois de produire et de récolter les bénéfices du développement humain. »
13. La Triple Bottom Line (ou encore triple bilan), défend l’idée selon laquelle la performance globale d’une entreprise doit être mesurée en fonction de sa triple contribution à la prospérité économique, à la qualité de l’environnement et au capital social. Elkington (1997). Cela signifie que le bilan d’une entreprise devrait refléter in fine ses résultats ses plus-values économique (profit), sociale (people) et environnementale (planet). Cependant, la TBL reste encore un bilan segmenté en trois parties compilées (économique, social, environnemental).
14.  Pour la Global Reporting Initiative (GRI), Créé en 1997 par la collaboration entre le Coalition for Environmentally Responsible Economies (CERES) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), les indicateurs de performance sont classés selon les trois dimensions du développement durable : économique, sociale et environnementale. Les indicateurs économiques mesurent les impacts d’une entreprise sur la situation économique de ses parties prenantes. Quant aux indicateurs environnementaux, ils évaluent les impacts sur les systèmes naturels vivants ou non. Enfin, les indicateurs sociaux mesurent les impacts d’une organisation sur les systèmes sociaux dans lesquels elle opère.
15. A titre d’exemple pour construire un bilan sociétal (CJDES, 2008), il faudra répondre à quatre cent cinquante questions, puis grâce à un croisement matriciel elles sont rassemblées en 9 grands domaines et sous-domaines et confrontées à quinze critères. Chaque question, au croisement d’un sous-domaine et d’un critère, peut être renseignée par un indicateur, chiffré ou pas (CJDES-COESPAR, 2005). CJDES : Centre des Jeunes Dirigeants et Acteurs de l’Economie Sociale ; CODESPAR : Conseil de Développement du Pays de Rennes
16. Le Balanced Scorecard, ou tableau de bord prospectif, né au début des années 90 aux Etats-Unis, est une combinaison de mesures financières et opérationnelles classées selon quatre dimensions : les résultats financiers, la satisfaction des clients, les processus internes et l’apprentissage organisationnel (Kaplan et Norton, 2001). Cependant, on lui reproche de créer une hiérarchie entre les quatre axes et de subordonner les trois autres axes à l’axe financier (satisfaction des actionnaires). www.management.free.fr/AFC/p154.doc (Consulté le 01 mai 2007).
17. 2/3 de des chômeurs diplômés été sans emploi pour une durée dépassant un an à la date de l’enquête.
18. A titre d’exemple : la raffinerie de Sidi Kacem fermera ses portes en 2009, les projets dans le cycle combiné de Tahaddart-1 et du thermo-solaire de Aïn Beni Mtar d’électricité sont en cours de réalisation.
19. Englobe le manque à gagner en organisant les activités de recyclage des déchets et le manque à gagner pour cause de maladies ou décès prématurés parmi la population dus à la contamination des eaux.
20. Déclaration partielle du salarié, salaires minorés, travail temporaire, violation de la législation sociale, etc.
21. Les entreprises en question appartiennent à différentes branches d’activité mais elles sont regroupées par le Ministère de l’industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies dans le grand secteur d’industrie de transformation chimique et para-chimique.
22. Société Chérifienne d’Engrais et de Produits Chimiques SA.
23. Société Nationale d’Electrolyse et de Pétrochimie.
24. Société de Promotion Pharmaceutique du Maghreb.
25. http://www.casablanca-bourse.com (consulté en août 2008).
26. 55,4% des 92 entreprises de l’échantillon observé dans cette enquête ont déclaré mener des activités de RSE.
27. A titre d’exemple dans l’axe droits de l’Homme nous n’avons pas intégré l’emploi des enfants car les entreprises sont structurées et de taille importante. D’autres critères difficilement identifiables ont été éliminés : égalité des chances (race, sexe, âge, invalidité), équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée (ex. temps de travail flexible), etc.
28. http://www.casablanca-bourse.com (consulté en Août 2008).
29. Les sites Internet de Promopharm et Samir ne sont pas opérationnels. Maroc Oxygène ne dispose pas de site dédié.
30. American Standard for Testing and Materials.
31. Certificat Bonnes Pratiques de Fabrication appliqué au secteur pharmaceutique.
32. Information non disponible




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Pour citer cette article

et , "Responsabilité sociétale chez les entreprises chimiques et para-chimiques cotées à la Bourse des Valeurs de Casablanca", RIMEC [en ligne], 01 | 2017, mis en ligne le 11 novembre 2016, consulté le 13 November 2018. URL: http://www.revue-rimec.org/responsabilite-societale-chez-les-entreprises-chimiques-et-para-chimiques-cotees-a-la-bourse-des-valeurs-de-casablanca/