Responsabilité sociale et environnementale et nouvelles contraintes communicationnelles : Regard de la société civile sur la communication environnementale, la réforme du BVP en question

et

Résumés

pour la France, des conclusions du Grenelle de l’environnement ou pour l’Europe, des directives sur la publicité reliée par exemple aux arguments écologiques, la communication fait à la fois l’objet d’une normalisation et d’une vigilance accrue de la part des associations.
L’introduction de la surveillance de la société civile dans la responsabilité annoncée ou énoncée de l’entreprise s’est institutionnalisée à travers la réforme du Bureau de Vérification de la Publicité en France. Cette institution créée dans les années 30, est à l’interface des entreprises/annonceurs, et de l’opinion publique. Elle a pour but de "mener une action en faveur d'une publicité loyale, véridique et saine dans l'intérêt des professionnels de la publicité, des consommateurs et du public." Or, depuis le 25 juin dernier, le BVP est devenu l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, suite au Grenelle de l’environnement. Quelle analyse peut-on faire de cette nouvelle donne ? Comment cela se traduit-il dans la pratique ?
Afin de pouvoir répondre à cette question et à son corollaire, nous articulerons notre communication en trois temps.
Dans une première partie, nous proposons de dresser un état des lieux du mouvement en cours de définition, de normalisation, d’institutionnalisation de l’intégration du regard de la société civile dans la communication « responsable » de l’entreprise. Nous l’envisagerons à travers l’analyse de la réforme du Bureau de Vérification de la Publicité.
Dans une deuxième partie, nous analyserons ce contexte qui s’impose aux communicants des entreprises, examinerons comment les entreprises tiennent compte de cette nouvelle donne dans leur communication, comment elles gèrent cette nouvelle situation.
Dans une troisième partie, nous envisagerons les conditions de possibilité, les opportunités et les limites ou contradictions d’une information et communication responsables tant sur le plan des messages que des médias et des publics.

Texte intégral

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L’étude conjointe de l’ADEME et du BVP du 27 mai 20081http://www.bvp.org menée en réponse à l’étude virulente publiée par l’Alliance pour la Planète fait état d’un quasi-triplement de l’utilisation de l’argument écologique dans les publicités depuis un an. Ce triplement est à mettre en parallèle avec  l’influence de l’écologie sur les mentalités des française et des français, en augmentation continue également. Les marques semblent donc de plus en plus conscientes de cette évolution, et la reprennent à leur compte. Si le phénomène est émergent (seuls 3% des visuels analysés utilisent l’argument écologique), cette augmentation met en avant une problématique de fond, celle de la communication verte, ou communication responsable. Ainsi l’année dernière, l’ADEME concluait, dans son communiqué de presse de présentation du rapport qu’ « en dépit d’une multiplication récente des publicités sur ces thèmes, l’écologie et le développement durable restent encore aujourd’hui des axes de communication peu utilisés par la publicité dans son ensemble »2L’alliance pour la planète crée l’Observatoire ...continue ; Aujourd’hui, l’ADEME est beaucoup plus affirmative : « ce n’est plus une mode. […] C’est un phénomène de société désormais et il est bien normal que la publicité se nourrisse des attentes environnementales de nos concitoyens. »3L’ADEME et le BVP publient une seconde étude qualitative ...continue

Les enjeux communicationnels ont donc pris un nouveau tour ces derniers temps : la communication fait à la fois l’objet d’une normalisation et d’une vigilance accrue de la part des associations. L’introduction de la surveillance de la société civile dans la responsabilité annoncée ou énoncée de l’entreprise s’est institutionnalisée au travers de la réforme du Bureau de Vérification de la Publicité en France. Quelle analyse peut-on faire de cette nouvelle donne ? Comment cela se traduit-il dans la pratique ?

Partant d’un état des lieux du mouvement en cours (partie 1), nous envisageons, au travers de l’étude des nouveaux statuts, de comprendre ce contexte qui s’impose aux futures communications des entreprises dans leurs communications qui relèvent de leur responsabilité sociale et environnementale (partie 2) pour élargir notre propos sur ce mouvement d’intégration du regard de la société civile dans la communication des entreprises, le nouveau rôle qu’elle y tient (partie 3).

Une intégration de plus en plus poussée du regard de la société civile sur la communication responsable de l’entreprise

Cette partie dresse un état des lieux qui nous permet à la fois de comprendre la notion de la « communication verte », ses enjeux, mais aussi les acteurs de cette communication. Dans une perspective historique, nous établissons comment la communication est devenue très vite un enjeu veillé par les associations, comment l’expression de « greenwashing » est née, comment elles se sont saisies de ce qui constitue à la fois une opportunité discursive et politique pour affirmer leur point de vue et devenir incontournable mais aussi un danger qui met à mal leurs efforts de sensibilisation. Puis, nous dressons un portrait de ces sentinelles, en envisageant leurs lieux d’expression et l’organisation qu’elles ont mis en place pour s’exprimer et faire valoir leur point de vue alternatif. Le mouvement est mondial, et plusieurs types d’acteurs sont à distinguer, qui apportent un éclairage concret, professionnel et plus ou moins militant sur cette thématique de la « communication verte » ou « communication responsable » qui se complexifie.

Dans un deuxième temps nous analysons comment ce contre-pouvoir a su s’exprimer, se faire entendre et a porté ses fruits : comment, depuis des tribunes sur Internet, puis dans l’action, la société civile a-t-elle su institutionnaliser le débat en nouant des partenariats et en devenant acteurs et caution incontournables pour les entreprises dans leur communication sur le développement durable ? Enfin, dans un mouvement d’institutionnalisation poussé, élargi et croissant, nous analysons les effets de ce discours dans les conclusions du Grenelle de l’environnement, notamment au travers des conclusions du Groupe 5 et 6. Nous commentons alors pourquoi et comment le BVP a fait l’objet de leurs principales revendications et dans quel esprit.

La communication verte, un enjeu pour la société civile

Le développement durable a très vite demandé d’adopter un nouveau discours, une nouvelle logique pour exprimer et rendre compte à la fois du côté social, économique et environnemental de toute activité. Appliqué à l’organisation, le discours développement durable s’est dénommé responsabilité sociale des entreprises (RSE) voire responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSEE). Désignant les actions qui visent à concilier responsabilité (nous dirions également éthique) et logique économique et financière, cette notion anglo-saxonne (corporate social responsability) s’est rapidement imposée sur le plan international dans les années 1990. Pour les organisations, il s’agit d’un bouleversement conséquent dans leur possibilité d’expression, un bouleversement d’autant plus rapide que les associations, « définisseurs primaires » sur le sujet et par conséquent particulièrement concernées, ont très vite porté des accusations de « greenwashing », ce qui a tempéré, par ricochet-, le discours de certaines organisations sur le développement durable.

Dans l’histoire de l’émergence de la « communication verte » on trouve donc deux forces antagonistes, l’expression publicitaire et institutionnelle des entreprises d’un côté, et de l’autre, une vigilance associative qui s’exprime parfois par la parodie, parfois par l’action juridique, parfois enfin par le coup de force. Le rapport de force qui s’instaure entre ces deux expressions va définir un champ discursif des possibles, ou pour le moins un champ discursif du « toléré », et qui va peu à peu aboutir à un encadrement normé de la « communication verte ».

L’histoire du développement durable est imbriquée dans celle des ONG environnementales. Détentrices d’idées qui sont présentes dans la définition du développement durable, c’est grâce à leur implication que le concept a pu être codifié pour la première fois, puis a été repris par les instances onusiennes. En ce sens, elles sont les vraies créatrices et porteuses de la notion. Déjà Stockholm (1972) porte les visions et les débats qui sont le fait d’organisations telles que Greenpeace ou Friends of the Earth, qui rejettent l’ordre dominant, soulignent les anomalies (inégale répartition des richesses, pollution) et prônent un changement dans les relations sociales et politiques comme condition préalable à la résolution des problèmes environnementaux.

« Lorsque l’on s’intéresse à l’histoire de l’émergence du développement durable, il est frappant de constater qu’à toutes les étapes de la construction de la notion, on rencontre certaines ONG du mouvement international conservationniste4Selon les auteurs les conservationniste sont issus d’une ...continue. »5CHARTIER D., OLLITRAULT S, p 95.

La Stratégie mondiale de la Conservation, premier texte international qui mentionne l’expression développement durable, écrit par l’UICN, le WWF et le PNUE, pose les bases d’un nouveau discours et fonde de nouvelles pratiques pour les ONG signataires6L’UICN se définit comme une association internationale ...continue.

A Rio (1992), les ONG gagnent un autre statut et une nouvelle reconnaissance. L’accréditation leur donne un statut d’observateur. Elles ont été des membres actifs des Prepcom, et ont assisté aux différents stades des négociations, aux groupes de travail, aux séances plénières et ont joué de leur influence. Parallèlement, elles ont organisé leur propre conférence, ce qui les a incités à construire un réseau, à se réunir, à se parler.

A Johannesburg (2202), plus de trois cents d’entre elles ont été autorisées à participer au sommet. Acteurs privilégiés, elles bénéficient d’un socle de confiance inégalée auprès de l’opinion publique et d’une réputation presque sans faille. Elles exercent principalement un rôle de sentinelle (Kapferer7KAPFERER Jean-Noël, Rumeurs, le plus vieux média du ...continue) et sont généralement émettrices d’un discours normatif. Enfin, elles ont un accès privilégié aux médias, ce qui leur vaut une reconnaissance immédiate à la fois de l’opinion publique mais également des entreprises, des gouvernements, bref, de tous les potentiels critiqués. Leur capacité de nuisance tient principalement au fait qu’elles peuvent déclencher des crises à tout moment, crises qui entachent la réputation d’une entreprise. En amont du processus de contestation, elles ont su se positionner au centre d’un réseau complexe.

La communication a toujours été un enjeu majeur pour ces associations. Information, sensibilisation, accès aux médias, accès à l’opinion publique, la communication est un vecteur privilégié de positionnement. Mais dès lors que les entreprises se sont elles aussi mises à communiquer « vert », la communication a alors acquis pour les associations une autre dimension, elle est devenue terrain de lutte pour faire passer des messages précis et non déformés de leur conception du développement durable, conformes à que  les associations ont défendu dès les années 70. Outre une vigilance constante au non dévoiement des messages sur le développement durable, il s’agit pou elles également de rester le référent dans la définition du développement durable.

Cette vigilance va s’exprimer dans un premier temps par la critique, le « greenwashing », immédiatement suivi d’un deuxième temps d’organisation, de regroupement pour former des collectifs ad hoc sur ce sujet de la communication dite verte ou responsable.

L’expression « greenwashing » est utilisée par analogie au blanchiment (d’argent) visant à un « verdissement » de l’image des entreprises, que l’on peut traduire par « blanchiment écologique » ou par l’expression « désinformation verte ». L’un des principaux torts, aux yeux des associations qui ont fait émerger cette notion de greenwashing, est que le blanchiment écologique a pour effet de contrer leurs efforts de sensibilisation et de brouiller les pistes.

Le concept a rapidement été diffusé, et l’accusation de greenwashing a fait réfléchir plus d’un responsable communication : en effet, face à l’augmentation des campagnes publicitaires des entreprises développant de plus en plus les arguments écologiques ou relevant du développement durable, la société civile s’est organisée. Un « front collectif » est né, balayant un spectre de considérations (éthiques, égalitaires, écologiques, consuméristes) difficilement maîtrisable pour les seuls publicitaires et services communication des entreprises. En effet, de nombreuses associations ou collectifs d’associations sont nés et mènent des campagnes de grandes ampleurs, connues du public. On distingue, dans ces nouveaux leaders d’opinion, deux grands types d’associations : il y a les collectifs d’ONG environnementales, couplées avec des associations de femmes, de défense des personnes les plus fragiles, des associations de consommateurs d’un côté, et de l’autre la profession elle-même qui s’est scindée et dont certains publicitaires ont choisi de militer dans ces associations. Adforum (portail d’information de la publicité), Adbusters, Act responsible (Advertising Community Together, associations de publicitaires du monde entier dont l’objectif est de promouvoir la communication responsable) sont nées. En France, la plus connue est l’Alliance pour la planète, qui, dès 2006, mène la campagne « la publicité peut nuire gravement à la santé. ».

Ces collectifs se positionnent essentiellement comme contre-pouvoir mais peuvent également jouer le rôle de conseillers. Les entreprises avaient parallèlement ouvert leurs portes aux associations pour les intégrer, plus ou moins formellement, dans leur réflexion stratégique. La communication peut alors potentiellement devenir un sujet de plus sur lequel les associations ont droit de regard. Le contre-pouvoir porte ses fruits :

« Il faut passer du greenwashing au greenmaking »8Communiqué du WWF, 2e étude « Publicité et ...continue commente Serge Orru, directeur géréal du WWF France à propos de la communication des entreprises et de l’étude faite par l’ADEME et le BVP

C’est ainsi qu’il est aujourd’hui question de « greenmaking », une expression lancée par les associations et qui fait pendant à celle de greenwashing pour signifier une communication qui serait le fruit de leur coopération en interne avec certaines entreprises ou résultats de la politique de développement durable mise en œuvre dans certaines organisations.

Un contre-pouvoir qui a porté ses fruits

La plupart des associations ont ainsi accepté de nouer avec les entreprises. La pratique s’est instaurée, et ces partenariats, qui s’approchent pour certains de la dizaine d’années, ont institutionnalisé un dialogue entre ces deux acteurs. Le binôme ainsi formé a permis certaines avancées notables, des conflits comme du travail en groupe sont nés de nouvelles normes, tacitement acceptées de part et d’autre. L’entreprise signataire est tenu par un engagement de bonne conduite avec l’ONG, qui elle-même, intégrée à un certain degré dans la réflexion stratégique de l’entreprise, nuance son discours et intervient dans un rôle de veille et de sentinelle permanent.

La campagne présidentielle de 2007 change la donne. Alors que le thème de la publicité responsable fait déjà débat et est devenu, depuis quelques années un sujet de discussion majeur et de plaintes continues vis-à-vis des instances d’autorégulation, l’initiative prise par l’Alliance pour la planète d’élargir soudainement le discours et d’interpeller les candidats sur leur programme ouvre d’un coup le débat à la puissance publique.

Selon Daniel Boy9BOY Daniel, Le Grenelle, un mécanisme novateur ? Regards ...continue l’idée d’un Grenelle de l’environnement aurait germé au sein du collectif d’associations environnementales.

« En même temps qu’ils notaient les candidats à l’élection présidentielle, sur la base de leur programme dans le domaine de l’environnement, les militants rassemblés au sein de cette organisation [NDLR : l’alliance pour la planète] proposaient d’organiser avec le nouveau pouvoir issu des élections 2007 une négociation globale sur les enjeux de protection de l’environnement. Nicolas Sarkozy reprend l’idée à son compte et s’engage, dès le 21 mai, à faire du Grenelle de l’environnement « une négociation sur des mesures concrètes. »10Id

Cette généalogie nous permet de mieux situer l’enjeu communicationnel du Grenelle de l’environnement. L’une des principales activités de l’Alliance pour la planète est justement la communication, sur laquelle l’Alliance a développé tout un dossier d’analyse, sobrement intitulé « Publicité et environnement. »

Le BVP a toujours été dans la ligne de mire des associations. Il est accusé par l’Alliance d’être « juge et partie », d’assurer un « contrôle insuffisant » de la publicité. L’Alliance pour la planète, sur son site souligne l’abus de l’argument écologique par le secteur publicitaire, et note plusieurs conséquences « inacceptables » :

« – le consommateur n’est pas orienté vers les produits les plus écologiques et ne change pas ses comportements de consommation ;

– Les entreprises ne changent pas vraiment leurs produits et services et se contentent d’y ajouter une touche écologique qui sera mise en valeur via la publicité ;

– cette situation vient à l’encontre des efforts de sensibilisation faits par les associations de protection de l’environnement pour changer nos comportements de consommation. »

Lors du Grenelle de l’environnement, le thème va être traité par plusieurs groupes. Le thème est transversal. Mais c’est le groupe 6 du Grenelle de l’environnement, qui porte le nom de « promouvoir des modes de développement écologiques », qui va s’attacher à développer le plus de proposition. Dans les principaux acteur concernés par les discussions de ce groupe, on retrouve le MEDAD, le MINEFE, l’ADEME, l’association des Maires de France (en ce qui concerne l’affichage), le BVP, les associations environnementales et de consommateurs, le Conseil National de la Consommation et le MEDEF.

Le Groupe 6 inscrit la promotion de la publicité responsable au troisième rang de ses propositions. Il fixe trois objectifs :

  • « donner une information fiable à tous les acheteurs sur les impacts environnementaux des produits et services achetés
  • favoriser une économie de la responsabilité
  • interdire les usages abusifs ou trompeurs de la publicité »

De ces trois objectifs découlent trois types d’actions : la première vise à encadrer plus strictement la publicité ; la deuxième intègre la société civile dans le dispositif : « passer d’une logique d’autorégulation à une logique de co-régulation de la publicité pour mieux garantir des publicités respectueuses de l’environnement » ; la troisième tient au contrôle : « mieux faire respecter la loi sur la publicité en lien avec le développement durable. ». Tout est alors question de curseur : comment renforcer l’encadrement légal et déontologiques ? L’intégration de la société civile sera-t-elle partielle ou complète dans le nouveau dispositif. Quels seront les moyens de sanction ? Y aura-t-il véritablement un pouvoir coercitif associé à cet encadrement de la publicité et de la communication employant des arguments écologiques ? Qui en sera le détenteur ?

Il n’y a pas eu consensus sur ces questions : dans les actes, et sur les commentaires faits dans les blogs sur Internet lors des négociations, il est facile de voir que les différents collèges ont émis des propositions très différents sur le sujet. Ainsi, le compte-rendu officiel du groupe 6 souligne que « le débat au sein du groupe reste entier sur le degré d’intégration des parties prenantes [NDLR : au sein du BVP élargi]». Nous ajouterons que, alors que les statuts du nouveau BVP, devenu l’Autorité de Régulation de la Publicité, sont parus, le débat reste toujours d’actualité, alimenté par les chroniques et par les initiatives des ONG que nous allons détailler.

L’analyse que nous délivrons est très actuelle, et nous ne bénéficions pas encore du recul nécessaire pour pouvoir juger des effets de cette normalisation. Cependant, nous pouvons déjà, par l’analyse des principaux points de controverses et de débats, voir quelle est la direction prise sur la communication publicitaire et envisager les premières conséquences, à la fois pour les entreprises, pour les associations, pour l’état mais aussi pour les consommateurs.

Du BVP à l’ARP. Co-régulation ou autorégulation ?

Que signifie en soi la réforme du BVP ? Le BVP est une association loi 1901. Avec 70 ans d’existence, le BVP se qualifie « d’instance d’autorégulation de la publicité ». Indépendant des pouvoirs publics, le BVP se compose des trois professions impliquées dans la production et dans la diffusion des campagnes publicitaires, soit : les annonceurs (qui produisent et vendent un produit ou un service), les agences de communication (qui créent et confectionnent les messages) et les supports (qui diffusent les messages). La mission du BVP est ainsi définie : il s’agit de « mener une action en faveur d’une publicité loyale, véridique et saine dans l’intérêt des professionnels de la publicité, des consommateurs et du public. »

Les organisations s’engageant dans une démarche publicitaire ont à leur disposition deux types de contrôle : le conseil facultatif et non contraignant (« copy advice ») : l’annonceur peut ainsi présenter sa copie à l’organisme chargé du contrôle et reçoit un avis, non contraignant. Certaines communications, notamment en France les communications télévisuelles, doivent demander l’autorisation avant diffusion (« pre-clearance »).

Les entreprises sont dans une démarche d’auto-régulation professionnelle. Le cercle des discussions est restreint à un public spécialisé. Lorsque les associations se saisissent du thème de la publicité responsable ; elles en font beaucoup plus qu’un enjeu de débat public ; elles ouvrent la voie à une institutionnalisation du sujet qui va rapidement prendre les traits d’une normalisation issu d’un temps de débat discursif. Le BVP, pour ce qu’il est et ce qu’il fait devient en soi un enjeu de négociations : pour les professionnels, il s’agit de préserver au mieux leur autonomie par rapport aux pouvoirs publics et de limiter ce qu’ils vivent comme l’intrusion des associations. Pour les associations, il s’agit d’encadrer une institution qui leur semble laxiste dans son interprétation des messages, et qui n’est pas en mesure de comprendre les enjeux de certaines publicités. Les pouvoirs publics ont une position mitigée : le MEDAD prévient :

« Nous avons fait le choix de la confiance. Si nous ne réussissons pas par cette voir, nous en viendrons à un système autoritaire. »11S. Fabregat, Le BVP veut s’engager dans la voie de la ...continue

Le BVP a été auditionné dans le cadre des travaux préparatoires au Grenelle de l’environnement sur le thème de la publicité responsable, dans la cadre du programme n°3 « promouvoir une publicité responsable » du Groupe 6 « promouvoir des modes de développement écologiques ». Ce programme, souligne le résumé, complète et illustre certains points abordés dans le groupe 5 du Grenelle de l’environnement concernant les aspects de « gouvernance ».

Les discussions ont eu lieu autour de trois axes : le contrôle et l’alerte, l’édiction des règles et le pouvoir de sanction du BVP., notamment en termes d’opposabilité de ses décisions. Sur ce sujet, d’autres acteurs sont également impliqués : le Medad mais également le Conseil National de la Concurrence.

D’autres sujets ont été évoqués lors du Grenelle, notamment celui de la création d’un quatrième collège des associations. Cette proposition n’a pas été retenue, et fait toujours l’objet de débats, au motif « qu’elle mettait en cause, sous la forme envisagée, l’autorégulation elle-même ». Le véritable débat qui a opposé sur le fond deux visions différentes est celui sur l’autorégulation à qui les associations préfèrent la co-régulation.

Co-régulation ou autorégulation. La controverse

« Le Grenelle doit permettre de passer de l’affrontement à la coopération » marquait le BVP dans un de ses communiqués officiels publiés sur son site :

« Depuis plusieurs mois, le BVP tend la main aux associations de défense de l’environnement, le WWF répondant, par exemple le 29 mai dernier à une offre de rendez-vous du BVP que « la procédure de travail de l’Alliance pour la planète nous impose de présenter votre demande à l’ensemble des membres travaillant sur ce sujet. IL est pourtant indispensable d’engager un tel dialogue. »

C’est dans un contexte tendu entre les deux parties que s’ouvrent donc les discussions du Grenelle de l’environnement. Le Grenelle de l’environnement a très vite opposé au système en place d’autorégulation du BVP l’idée de co-régulation qui associerait à la régulation toutes les parties prenantes à l’activité : soit l’Etat, le secteur associatif et les professionnels. Cette proposition est un compromis entre une régulation publique telle qu’elle peut exister au niveau national ou européen et l’autorégulation, privée, établit par un secteur professionnel qui fixe ses propres normes, qui en assure et qui en finance le contrôle. L’Union européenne, dans sa nouvelle directive audiovisuelle, a déjà mis en place un processus de co-régulation Mais il s’agit d’une intégration du secteur privé dans la sphère d’autorité publique. Dans le cas du Grenelle, il s’agit d’ouvrir une compétence jusque-là attribué au privée à l’Etat et aux associations. Le mouvement est inverse.

Selon le BVP, « la notion de co-régulation est si floue et ambiguë qu’elle recèle de faux espoirs et peut conduire à des impasses. » Le BVP met alors en avant deux interprétations : la première conduisant soit à créer un nouveau type de régulation, dit de droit mixte, public-privé, qui constitue selon lui un montage institutionnel , soit à créer de nouvelles instances normatives de co-régulation tripartites. Selon lui, les deux se « heurtent » à l’obstacle de la responsabilité et du contrôle.

En revanche :

 « L’autorégulation est un atout pour l’avenir parce qu’elle s’inscrit dans la démarche visant à « mieux légiférer », en diffusant la culture de la responsabilité au sein d’une interprofession dans faire reposer le coût et le contrôle de cette autodiscipline sur le budget de l’Etat. »

Le BVP a donc défendu la création d’une forme de co-régulation réduite, avec la création d’un Conseil des parties prenantes.

Selon l’Alliance pour la planète :

« Il est nécessaire de faire la différence entre l’autodiscipline en tant qu’initiative purement privée, qui doit être encouragée, et l’autodiscipline promue en tant qu’instrument des politiques publiques et vantée comme supérieure aux autres instruments comme la loi »12Murray Jim, directeur du BEUC, Bruxelles, le 19/10/2005. Selon les associations de consommateurs, l’autodiscipline est « une perspective industrielle qui ne reflète pas la perspective de la société dans son ensemble. »13Id

L’Alliance a très vite proposé la création d’un Conseil supérieur de la publicité (CSP) doté de moyens et de statuts d’une autorité administrative indépendante. Le CSP aurait été composé de membres du ministère de l’écologie, de celui de l’industrie, de celui de la santé et de celui de la communication, complété par un collège de professionnels et d’un collège représentant la société civile. (Associations de consommateurs, familiales et environnementales). Il aurait comme fonction essentielle le respect des règles par des avis contraignants sur tout type de publicité, à l’équivalent des pouvoirs du CSA.  Il aurait pu être saisi par des citoyens ou consulté sur les projets de loi concernant la publicité. Enfin, il aurait mis en place une certification de management de la qualité de l’information telle que la norme ISAS BC/P 9001 inspirées de la norme ISO 9001 mais concernant le secteur de la radio et de la télévision.

Bilan : nouveaux statuts et dénomination nouvelle : l’ARP.

Le BVP a créé un Conseil paritaire de la publicité (CPP) et un Jury de l’Ethique publicitaire. Il a signé avec le Medad une charte d’objectif et d’engagement, a refondu son code déontologique sur le développement durable et a changé officiellement de nom, prenant désormais pour acronyme l’ARP (autorité de régulation publicitaire).

Le 11 avril 2008, une Charte d’Objectifs et d’Engagements a été signé entre le BVP et le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, ainsi que le secrétariat d’Etat charger de l’Industrie et de la Consommation. Dans cette charte, les professionnels de la publicité (annonceurs, agences, médias) prennent l’engagement de renforcer leurs règles déontologiques, de mettre en place un Conseil avant diffusion aux médias de toute publicité avançant un argument écologique, et enfin, de faire un bilan annuel de la publicité diffusée. Concrètement, cela s’est traduit pour le NVP par la création d’un Conseil paritaire de la Publicité, par celle d’un Jury de déontologie publicitaire, par la refonte des codes déontologiques et enfin par la parution d’un bilan, co-réalisé avec l’ADEME.

Le Conseil paritaire de la publicité est composé de 18 membres, pour moitié issus du collège professionnel et pour l’autre moitié issus du collège associatif.  Le CPP a notamment pour mission de participer, par des avis publics, à l’élaboration de règles déontologiques, d’alerter le BVP sur tout sujet ou campagne diffusée pouvant poser problème et d’évaluer, chaque année, l’application des règles professionnelle.

Le jury de déontologie publicitaire a, quant à lui, mission de sanctionner les manquements constatés après diffusion, des publicités.

La réforme du BVP n’a pas suscité l’adhésion de la société civile. L’Alliance est partie plusieurs fois des négociations :

« Le nouveau dispositif qui est présenté aujourd’hui n’est pas un réel dispositif de co-régulation. Sa gouvernance a été construite pour permettre aux professionnels de rester maîtres du jeu et de passer outre les remarques des parties prenantes. Les associations représentant la société civile sont en dehors du dispositif à savoir le contrôle avant la diffusion. »

La riposte immédiate a été le lancement de la campagne « la publicité peut nuire gravement à la santé  » lancée par l’Alliance pour la planète. Estimant la réforme du BVP insuffisante, l’Alliance a également lancé un Observatoire Indépendant de la Publicité afin de faire contrepoids. Celui-ci a pour mission « d’assurer une veille sur l’activité publicitaire en France et de fournir une réflexion critique sur la société. »14L’Alliance pour la planète crée l’Observatoire ...continue

De la « corporation » à la « table ronde » : redistribution des rôles dans la publicité pour la société civile

Si la réforme du BVP est loin de convenir aux associations, il est cependant clair que le débat leur a ouvert de nouveaux champs de discussion et surtout leur a permis d’accéder à un statut que jusqu’ici elles n’avaient jamais eu : comment peut-on qualifier ce nouveau rôle que la société civile est amenée à jouer, et quelles peuvent en être les conséquences dans un système de rapports de force et de communications entre des acteurs bien identifiés ?

Nous assistons, au travers de l’exemple du BVP et plus avant, à un mouvement de fonds global à l’ouverture d’un débat qui avait lieu au sein d’une corporation, un débat d’initiés, à l’ouverture, plus ou moins forcée des acteurs publics et des associations, à une « table ronde » où les rôles sont redistribués.

Nous développons notre propos en deux temps : tout d’abord en envisageant le nouveau rôle de la société civile, entre « sentinelle », une notion développée notamment par Kapferer et partie prenante (Freeman), puis nous tenterons de définir cette position à la fois d’expert, de conseiller, de garant, entre force de proposition et force de contestation que détient aujourd’hui certaines associations, où le discours techniques est fortement appuyé par les valeurs.

Le deuxième temps de cette dernière partie est constitué par notre réflexion sur les conséquences directes du système de rapports de force, d’interactions entre acteurs qui en découlent. Nous nous interrogeons sur le rôle de la communication dans cette nouvelle dynamique, actant par cette analyse l’importance des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Enfin, nous proposons des pistes de réflexion et d’analyse concernant le « trilogue » ainsi constitué.

De la « sentinelle » à l’incontournable conseiller

La théorie des parties prenantes occupe une place centrale dans les réflexions menées par le développement durable, elle est régulièrement remise en question. Les parties prenantes, tout comme les actionnaires, ont un intérêt au sujet, mais il n’est pas commercial. C’est toute la différence qui est faite entre « shareholders » et « stakeholders ».

L’américain Freeman a développé dès 1984 la théorie des parties prenantes (stakeholders). Celle-ci est fondée sur la prise en compte et l’intégration aux stratégies de l’entreprise des intérêts de toute personne ou groupe social en relation avec les entreprises (actionnaire, salarié, fournisseurs, riverains, collectivités territoriales, etc. et bien sûr, les associations..). L’idée est que l’entreprise ne se contente plus de considérer le seul retour sur l’investissement, mais qu’elle incluse un retour à l’intérêt général, à la société dans son ensemble dans ses considérations.

Les associations, plus que toutes les autres, ont su faire comprendre aux entreprises l’intérêt de les associer à leurs réflexions stratégiques. C’est ainsi que des partenariats se sont très vite noués entre associations d’une part, et entreprises de l’autre. Le Grenelle de l’environnement a institutionnalisé un nouvel état des forces : avec l’officialisation de cinq collèges bien identifiés, les associations sont passés d’un statut de partie prenante à celui, qu’elles défendent avec soin, d’incontournable conseiller.

Les ONG défendent une vision du monde, mais elles sont obligées d’évoluer désormais sur ce qui pourrait être assimilé à un marché concurrentiel, et intègrent des logiques propres. Il s’agit principalement d’élargir le nombre de donateurs, de rationaliser leurs coûts et leurs opérations de financement pour parvenir à maintenir l’augmentation du nombre et le coût des missions dans lesquelles elles s’engagent. Les ONG ont changé de statut, elles ont gagné un poids considérable, y compris dans les négociations internationales. A Johannesburg, plus de trois cents d’entre elles avaient été autorisées à participer au sommet. Et les moyens financiers suivent. Acteurs privilégiés, elles bénéficient d’un socle de confiance inégalée auprès de l’opinion publique et d’une réputation presque sans faille. Leur pouvoir est tel que petit à petit, des critiques font jour sur leurs modes de financement et leur représentativité réelle de l’intérêt général.

En effet, à côté du rôle de mobilisation de l’opinion publique, les ONG gèrent depuis dix ans des programmes de développement durable. Elles deviennent souvent les mandataires des programmes qu’elles ont appelés de leurs vœux. Ceux-ci sont de plus en plus lourds, qui demandent croissance et fonds. Certaines ONG se sont ainsi structurées comme des entreprises, avec qui elles ont parfois noués des liens. La diversité des rôles qu’elles remplissent porte ainsi parfois à confusion en interne, et les rend vulnérables à certaines critiques, en interne comme en externe. Ainsi des critiques portent par exemple sur leur légitimité et leur représentativité.

Le Grenelle de l’environnement, dans première phase de l’automne 2007 a reconnu et institutionnalisé ce nouveau rôle qu’elles occupent désormais, ayant ouvert ce qui pourrait se rapprocher du monologue (la profession publicitaire qui s’autorégule), ou un dialogue (intervention de l’état, via notamment le CSA dans le message des entreprises) à un expression tripartite- un « trilogue ».

Le jeu des acteurs s’en trouve considérablement modifié, le rapport de force qui s’est instauré également. Un système de communication s’instaure et trouve petit à petit ses appuis.

Un système de communication modifié

Nous modélisons ainsi le système de communication ainsi formé, où la communication verte des entreprises se trouve au centre de toutes les considérations :

fig4

Ce schéma synthétique nous permet immédiatement de constater que le système n’est pas clos, et que les associations jouent un rôle de levier décisif : elles sont les seules à faire sortie très rapidement les problèmes dans un espace public élargi, notamment via Internet et via le réseau de collectifs d’associations, qui peuvent chacun relayer l’information, dont elles disposent. C’est un recours dont aucun autre acteur social ne dispose dans ce schéma. Nous avançons par conséquent que, malgré une réforme du BVP qui, dans ses statuts, n’a pas semblé reconnaître aux associations la place qui leur avait été accordée lors du Grenelle de l’environnement, de fait, elles disposent d’un positionnement privilégié qui leur donne un poids sans équivalent dans le nouveau système de communication ainsi formé. C’est une position stratégique qu’elles occupent, et qu’elles doivent à une construction patiente d’un immense réseau d’associations, de regroupement, de création de collectifs qui tous disposent de sites Internet régulièrement visités. L’exposition dont bénéficie chacun de leurs messages est exponentiel, et nous gageons que grâce aux multiples médias qu’elles peuvent activer, communication associative contre communication d’entreprise ou d’état, le regard de la société civile sur la communication des entreprises est loin d’avoir atteint son seuil.

En conclusion

Nos conclusions porteront sur deux points. D’une part la question de la régulation de la communication et des messages engageant une responsabilité sociale et environnementale, d’autre part les nouvelles pistes de recherche que ce sujet, d’une très forte actualité pour les sciences sociales, en particulier pour les sciences de gestion et pour les sciences de l’information et de la communication. L’enjeu communicationnel de la RSE, tel qu’il se dégage de l’évolution du BVP, est désormais clairement porté sur la place publique. Il est l’objet d’une discussion sociale et d’une réforme institutionnelle qui a par ailleurs des échos en Europe (en Belgique notamment). Suite à l’offensive imprévue sur ce terrain de l’Alliance pour la Planète lors du Grenelle de l’environnement, il apparaît que la vigilance des acteurs de la société civile s’élargit et engage autant le dire que le faire. Dans ce contexte de doute installé et de surveillance organisée, les dispositifs d’autorégulation conçus par les professionnels de la communication se renforcent, vraisemblablement destinés à prévenir tout recours à la loi. La dialectique ou tension entre l’éthique et le droit rebondit, avec son cortège de jugement, d’anticipation et d’attention envers les manières de dire.

References   [ + ]

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4. Selon les auteurs les conservationniste sont issus d’une longue tradition très anglo-saxonne de protection de la nature et ont d’abord et principalement appuyé les politiques visant à conserver la nature en la préservant de toute activité humaine. Les environnementalistes suivent une deuxième vague de mobilisation environnementale de la fin des années soixante et défendent des politiques intégrées de protection de la nature associant des populations locales à la gestion de ressources naturelles.
5. CHARTIER D., OLLITRAULT S, p 95.
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Pour citer cette article

et , "Responsabilité sociale et environnementale et nouvelles contraintes communicationnelles : Regard de la société civile sur la communication environnementale, la réforme du BVP en question", RIMEC [en ligne], 01 | 2017, mis en ligne le 11 novembre 2016, consulté le 21 July 2018. URL: http://www.revue-rimec.org/responsabilite-sociale-et-environnementale-et-nouvelles-contraintes-communicationnelles-regard-de-la-societe-civile-sur-la-communication-environnementale-la-reforme-du-bvp-en-question/